Cisjordanie-Paris et ses alliés étudient des mesures pour faire pression sur Israël-diplomates information fournie par Reuters 06/06/2026 à 20:50
par John Irish
La France travaille avec plusieurs pays pour accroître la pression sur Israël à travers la mise en œuvre de sanctions nationales coordonnées visant des individus liés aux violences en Cisjordanie, ont déclaré samedi trois diplomates européens.
Ces mesures, qui incluraient des gels d'avoirs et des interdictions de voyager, n'ont pas encore été finalisées et les pays pourraient adopter des listes différentes de personnes visées, ont-ils précisé.
Le projet intervient dans un contexte d'escalade des violences perpétrées par les colons israéliens en Cisjordanie occupée et souligne la colère croissante de nombreux pays occidentaux à l'égard du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a étendu les colonies dans une démarche dont les diplomates estiment qu'elle vise à saper la perspective d'un État palestinien.
Les diplomates ont indiqué que, les initiatives étant bloquées au sein de l'Union européenne pour adopter des mesures plus strictes contre Israël, plusieurs pays ont conclu que des sanctions nationales coordonnées constituaient pour l'instant la meilleure option.
"Il n'y a pas d'unanimité au niveau de l'UE, nous sommes donc passés à des discussions au niveau national", a déclaré l'un d'eux.
Deux des diplomates ont indiqué qu'une annonce pourrait intervenir dans les prochains jours.
Selon un autre, le Royaume-Uni et la Norvège figurent parmi les pays avec lesquels Paris se coordonne, mais il est difficile de savoir quelles autres nations pourraient se joindre à cette initiative.
La plupart des pays évitent d'évoquer publiquement des sanctions nationales, de peur que les personnes visées ne déplacent leurs avoirs à l'avance.
UNE RÉUNION LE 12 JUIN À PARIS
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a déclaré après de nouvelles sanctions de l'UE le 11 mai que le bloc avait "choisi, de manière arbitraire et politique, d'imposer des sanctions à des citoyens et des entités israéliens en raison de leurs opinions politiques et sans aucun fondement".
Le 22 mai, sept grandes nations occidentales, dont la France, le Royaume-Uni, l'Australie et le Canada, ont accusé le gouvernement israélien d'aggraver les tensions en Cisjordanie.
Une préoccupation majeure concerne le projet de construction d'une colonie à l'est de Jérusalem, connu sous le nom de "E1", qui diviserait la Cisjordanie et l'isolerait de Jérusalem-Est, fragmentant le territoire que les Palestiniens revendiquent pour un État indépendant.
"Face à l'intensification de la colonisation et des violences en Cisjordanie, nous avons déjà pris des mesures. Il pourrait y en avoir d'autres", a déclaré une source diplomatique française, sans plus de précisions.
Le Foreign Office britannique n'a pas souhaité faire de commentaires et le ministère norvégien des Affaires étrangères n'a pas répondu dans l'immédiat.
Les tentatives d'accroître la pression sur Israël interviennent quelques jours avant une réunion organisée le 12 juin à Paris qui réunira des représentants de la société civile israélienne et palestinienne, ainsi qu'une douzaine de ministres des Affaires étrangères.
Cette réunion vise à marquer le premier anniversaire de l'adoption de la Déclaration de New York, une résolution non contraignante des Nations unies approuvée par l'Assemblée générale qui a tracé une feuille de route vers un État palestinien.
La résolution a ensuite conduit une douzaine de pays, dont la France, à reconnaître en septembre dernier l'État de Palestine.
Des responsables français ont indiqué vouloir maintenir le sujet à l'ordre du jour international alors que les guerres en Iran et au Liban détournent l'attention du conflit israélo-palestinien, tandis que les discussions sur l'avenir de Gaza restent dans l'impasse malgré un cessez-le-feu fragile.
(Avec Elizabeth Piper à Londres et Gwladys Fouché à Oslo, version française Benjamin Mallet)