Chine : légère accélération de la croissance au 3e trimestre
information fournie par Boursorama avec AFP 19/10/2026 à 08:21

( AFP / PEDRO PARDO )

La Chine a connu une croissance de 4,5 % sur un an au troisième trimestre, une légère progression qui la replace dans la fourchette basse de l'objectif annoncé par le gouvernement pour 2026, indiquent des données publiées lundi.

Pékin a fixé pour cible une augmentation du Produit intérieur brut (PIB) de 4,5 à 5 % cette année. C'est l'horizon le plus bas depuis des décennies.

Un panel d'économistes interrogés par l'AFP tablait sur une croissance de 4,4 % entre début juillet et fin septembre, après les 4,3 % enregistrés au deuxième trimestre, le niveau le plus bas depuis plus de trois ans.

Mao Shengyong, chef adjoint du Bureau national des statistiques qui a publié un certain nombre de données lundi, a admis que l'économie faisait face à de fortes contraintes.

"Il convient de reconnaître que l'environnement international demeure complexe et instable, que la demande intérieure est insuffisante, que certains problèmes majeurs persistent", a-t-il dit. Il a souligné la nécessité de stimuler la demande intérieure, alors que les exportations entraînent l'économie nationale.

Les ventes au détail, principal indicateur de la consommation, ont augmenté de 1,1 % sur un an en septembre, a dit le Bureau national des statistiques.

Ce chiffre est nettement supérieur à la prévision de 0,5 % avancée par un panel d'économistes interrogés par Bloomberg. C'est aussi la plus forte hausse depuis le bond de 1,7 % en mars.

Cependant, une fois corrigées de l'inflation, les ventes au détail n'ont que très peu progressé, voire se sont contractées, notent des analystes.

La production industrielle a quant à elle augmenté de 5,5 % sur un an, tirée par la forte demande internationale.

Sur les trois premiers trimestres, la croissance du PIB s'établit à 4,6 %, dans la ligne inférieure de l'objectif gouvernemental, dit dans une note Zhiwei Zhang, économiste chez Pinpoint Asset Management. "On peut se demander si cela signifie que le gouvernement n'a pas besoin d'apporter des changements significatifs à son orientation politique au quatrième trimestre pour atteindre son objectif", s'interroge-t-il.

Le choc énergétique mondial causé par la guerre contre l'Iran et la langueur persistante de la consommation intérieure compliquent cette ambition et contrecarrent la vigueur des exportations, dopées par l'intelligence artificielle.

La Chine représente un tiers de la croissance mondiale. Elle est aussi le premier importateur mondial de pétrole brut.

La Chine a affiché officiellement une croissance de 5 % en 2025. Mais le pays peine à retrouver le dynamisme d'avant la pandémie de Covid-19. L'économie fait face à une crise opiniâtre de l'immobilier, à l'endettement des collectivités locales, à des surcapacités de production, des pressions déflationnistes et à un fort chômage des jeunes.

Déséquilibres

Dans ce contexte, la Chine affirme vouloir une croissance plus qualitative, reposant sur les nouvelles technologies et la consommation intérieure davantage que sur les exportations.

Les autorités ont annoncé fin septembre un vaste plan de relance destiné à atteindre leur objectif de croissance et consistant en des mesures ciblées de subventions aux prêts immobiliers et de soutien aux prêts bancaires en faveur de certains secteurs, comme l'innovation technologique.

"Les données de septembre suggèrent que l'économie a retrouvé de l'élan à la fin du troisième trimestre", grâce à l'industrie et au bâtiment, dit dans une note la société d'analyse Capital Economics. Elle prévoit "une accélération accrue au cours des prochains mois, à mesure que les mesures de soutien budgétaire renforcées commenceront à produire leurs effets".

Cependant, elle met en doute la réalité des chiffres, invoquant sa propre analyse selon laquelle la croissance a régressé de 3 % au deuxième trimestre à 2 % au troisième. Elle anticipe une croissance d'environ 3 % à la fin de l'année.

La hausse des cours du brut, conjuguée à une "incertitude prolongée" et aux déséquilibres structurels de l'économie chinoise, a conduit le Fonds monétaire international (FMI) la semaine passée à abaisser à 4,5 % sa prévision de croissance annuelle pour le pays.

Les partenaires de la Chine, horripilés par le déficit de leur balance commerciale, la pressent de rééquilibrer son économie.

Des données publiées la semaine passée par les douanes chinoises indiquent que la Chine est en bonne voie pour battre le record annuel d'excédent commercial établi en 2025 (1.200 milliards de dollars).

Cette envolée est due en grande partie à une demande mondiale insatiable pour des produits liés à l'intelligence artificielle, notamment des ordinateurs, des semi-conducteurs et des équipements destinés aux centres de données.

Mais ces excédents exaspèrent les partenaires de la Chine comme les Etats-Unis et l'Union européenne.