Chine: l'inflation des prix à la production au plus haut depuis 2022, la guerre au Moyen-Orient pèse
information fournie par Boursorama avec AFP 11/05/2026 à 08:17

La Chine a annoncé lundi un bond plus élevé qu'attendu des prix des marchandises sorties d'usines en avril, à un niveau inédit depuis 2022, en raison notamment de l'envolée des coûts liée à la guerre au Moyen-Orient.

Environ un cinquième de l'offre mondiale d'hydrocarbures transite habituellement par le détroit d'Ormuz, de facto bloqué par Téhéran ainsi que par un blocus américain, ce qui fait décoller le prix de l'or noir et perturbe les approvisionnements énergétiques mondiaux.

L'indice PPI ("producer price index"), qui mesure les prix à la production, a connu le mois dernier en Chine une augmentation de 2,8% sur un an, a indiqué lundi le Bureau national des statistiques (BNS).

Il s'agit de sa plus forte hausse depuis juillet 2022 et d'une accélération sensible par rapport à mars (+0,5% sur un an).

La prévision médiane d'analystes interrogés par l'agence Bloomberg était de 1,8%.

Cela fait deux mois de suite que l'indice PPI est au-dessus de zéro, après plus de 40 mois consécutifs de baisse.

"La hausse des prix du pétrole brut au niveau international a entraîné celle des prix dans les secteurs pétroliers nationaux", a indiqué lundi dans un communiqué Dong Lijuan, statisticienne du BNS.

Elle pointe notamment une forte hausse des prix, d'un mois sur l'autre, dans l'extraction de pétrole et de gaz naturel (+18,5%) ou encore dans le raffinage de pétrole, de charbon et d'autres combustibles (+16,4%).

De son côté, l'indice des prix à la consommation (CPI), principale jauge de l'inflation pour les consommateurs, a connu en avril une accélération surprise, à +1,2% sur un an, a indiqué le BNS.

Il s'agit d'un niveau supérieur aux attentes d'analystes interrogés par Bloomberg, qui tablaient sur 0,9%.

L'indice CPI avait connu des augmentations en mars (+1%) et surtout en février (+1,3%), lorsqu'il avait atteint son niveau le plus élevé en trois ans.

Là encore, Dong Lijuan a pointé entre autres "l'effet des variations des prix du pétrole brut sur les marchés internationaux".

- Phénomène limité ? -

Les autorités chinoises entendent faire de la consommation intérieure un pilier central de la croissance, s'éloignant des moteurs traditionnels que sont les exportations et l'industrie manufacturière.

Mais la Chine peine à retrouver le dynamisme d'avant la pandémie de Covid. Elle est soumise à des pressions déflationnistes, de faibles dépenses des ménages, des excédents de production et une grave crise de l'immobilier.

Si les contrecoups de la guerre des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran ont fait grimper les prix en avril, l'effet pourrait toutefois n'être que temporaire, selon des analystes.

"Les pressions sur les prix restent limitées dans leur ampleur et ne devraient pas se transformer en une reprise plus large de l'inflation", alors que l'objectif gouvernemental pour 2026 est d'arriver à 2% d'inflation, a réagi lundi dans une note le cabinet Capital Economics.

Pour justifier son propos, il cite notamment "les surcapacités non résolues dans la plupart des secteurs et une croissance toujours atone de la demande intérieure" en Chine.