Chine : l'activité économique affiche sa solidité en début d'année
information fournie par Reuters 16/03/2026 à 07:05

Des employés travaillent sur une ligne de production de panneaux solaires dans l'atelier d'une société solaire à Hefei

La croissance de la production industrielle en Chine a ‌accéléré de manière inattendue en janvier-février tandis que les ventes au détail ont également dépassé les attentes, confirmant la solidité de ​la deuxième économie mondiale alors qu'elle fait face à un éventail de défis au niveau géopolitique.

D'après des données officielles publiées lundi, la production industrielle chinoise a progressé lors des deux premiers mois de l'année de 6,3% sur un an, après une hausse de ​5,2% en décembre et alors que le consensus ressortait à +5,0%.

Les ventes au détail, un indicateur clé de la consommation, ont augmenté en janvier-février de 2,8% en rythme ​annuel, après une hausse de 0,9% en décembre, selon le Bureau ⁠national des statistiques (BNS). Les analystes anticipaient en moyenne une progression de 2,5%.

Cette solidité s'explique en partie par les festivités ‌du Nouvel an lunaire en février, qui ont contribué à donner un coup de pouce au secteur touristique. Les autorités chinoises combinent les données de janvier et de février afin d'atténuer les distorsions liées ​à cette période de fête.

"Si les risques ‌pour les perspectives se sont accrus dans le contexte des tensions géopolitiques et des perturbations ⁠dans le commerce mondial et les marchés de l'énergie, les dernières données indiquent que la Chine est entrée dans l'année d'un pied plus ferme qu'on ne le pensait au préalable", a commenté Hao Zhou, économiste en chef de Guotai Junan International.

Un rapport publié ⁠plus tôt ce mois-ci ‌montre que les exportations de la Chine ont connu une accélération d'une ampleur inattendue en janvier-février, après ⁠un excédent commercial record en 2025.

Les données communiquées lundi envoient un signal positif supplémentaires aux décideurs à Pékin, alors qu'un rebond ‌inattendu des investissements a compensé en partie la crise prolongée du secteur de l'immobilier.

Reste que, dans l'ensemble, un ⁠net écart demeure entre la robustesse de la demande extérieure et la faiblesse de ⁠la consommation des ménages, laquelle, selon ‌des analystes, pourrait nuire aux prévisions de croissance sur le long-terme.

Élément préoccupant à ce niveau, le taux de chômage est ressorti ​à 5,3% en janvier-février, contre 5,1% en décembre, d'après le BNS.

"On ‌ne peut pas écarter l'hypothèse que les données sur la demande intérieure en mars continuent de faire face à des pressions à la baisse", a ​noté Zhaopeng Xing, stratégiste chez ANZ, ajoutant toutefois que rien ne suggérait pour l'heure qu'une baisse des taux serait nécessaire à court-terme.

La guerre au Moyen-Orient vient ajouter de l'incertitude au tableau, alors qu'elle alimente une flambée des prix de l'énergie et ⁠secoue les échanges commerciaux mondiaux.

Cela rend d'autant plus importante la venue du président américain Donald Trump, attendu à la fin mars en Chine pour y rencontrer son homologue Xi Jinping.

"Le marché va se focaliser sur cette réunion à venir entre les deux dirigeants", a déclaré Zhiwei Zhang, économiste en chef de Pinpoint Asset Management. "Si la Chine va probablement acheter aux Etats-Unis davantage de biens afin d'atténuer le déséquilibre de la balance commerciale, la guerre au Moyen-Orient rend cette réunion plus compliquée".

(Ethan Wang, Kevin Yao ​et Ellen Zhang; version française Jean Terzian)