Chine: l'activité des usines a continué à progresser en avril malgré la guerre au Moyen-Orient
information fournie par Boursorama avec AFP 30/04/2026 à 08:20

( AFP / ADEK BERRY )

L'activité manufacturière en Chine a continué à progresser en avril malgré l'augmentation des prix de l'énergie et les perturbations d'approvisionnement causées par la guerre au Moyen-Orient, montrent des indicateurs publiés jeudi.

L'indice des directeurs d'achat (PMI) de l'activité manufacturière, indicateur clé qui reflète le moral des milieux industriels, a atteint 50,3 en avril, après avoir avancé en mars à son rythme le plus soutenu depuis un an (50,4), a indiqué le Bureau national des statistiques (BNS).

Le même indice, également publié jeudi, par S&P Global et l'agence RatingDog, rapporte, quant à lui, une progression de 52,2 en avril, après 50,8 en mars. Il s'agit de "l'expansion la plus rapide du secteur depuis décembre 2020, avec une production augmentant à son rythme le plus rapide depuis juin 2024", dit RatingDog.

Un chiffre supérieur à 50 témoigne d'une expansion de l'activité. En deçà, il traduit une contraction.

L'indice est meilleur que les 50,1 attendus par un panel d'économistes interrogés par l'agence Bloomberg.

Se fondant sur une moyenne des indices du BNS et de S&P Global/RatingDog, le cabinet Capital Economics parle dans une note de commentaire d'une extension à "son niveau le plus élevé" depuis la reprise des activités après la pandémie de Covid-19 début 2023.

Les données publiées par le BNS et S&P Global/RatingDog "suggèrent que le choc d'offre lié à la guerre en Iran a entraîné une nouvelle hausse des pressions inflationnistes en avril", mais que "le choc des coûts d'importation dû à la guerre contre l'Iran n'a que peu affecté l'activité manufacturière jusqu'à présent", analyse Capital Economics.

Le principal facteur "a été une demande extérieure plus forte, les nouvelles commandes à l'exportation ayant augmenté à leur rythme le plus rapide depuis début 2024. La forte demande de puces mémoire et de produits de technologies vertes a probablement joué un rôle clé", dit Capital Economics.

En revanche, les données "indiquent un nouveau ralentissement de la demande intérieure", dit-il.

Le PMI non-manufacturier, baromètre de l'activité dans les secteurs des services et de la construction, s'est établi à 49,4 en avril, alors qu'il était à 50,1 en mars, selon le BNS.

"Hormis les confinements initiaux liés à la COVID-19, il n'a jamais été aussi bas", dit Capital Economics.

Huo Lihui, statisticienne au BNS, a fait état dans un communiqué d'une forte demande en avril d'équipements électriques et informatiques, mais d'une activité plus faible pour le traitement du pétrole et du charbon.

Les fabricants ont fait face à une hausse des coûts due à l'augmentation significative des prix des matières premières, notamment dans les secteurs de l'énergie et de la chimie, a-t-elle dit.

Zhiwei Zhang, président et économiste en chef à Pinpoint Asset Management, a relevé qu'une politique monétaire légèrement plus souple "contribue à atténuer la hausse des prix de l’énergie".

La Chine, deuxième économie mondiale, a enregistré un excédent commercial record en 2025, malgré le bras de fer avec les Etats-Unis. Mais elle continue à faire face à une série de difficultés persistantes: crise de l'immobilier, consommation intérieure faible, endettement des collectivités locales, surcapacités de production, pressions déflationnistes et fort chômage des jeunes.

Elle s'est fixé un objectif de croissance de 4,5 à 5% en 2026, le plus bas depuis plus de trois décennies. La guerre au Moyen-Orient ajoute aux incertitudes.