CFDT et CGT dénoncent les conditions d'organisation des manifestations de jeudi information fournie par AFP 04/11/2026 à 12:43
La CFDT et la CGT ont dénoncé mercredi, à la veille d'une journée de grèves et manifestations pour les salaires, les conditions d'organisation des cortèges et notamment l'interdiction de défiler dans certains centres-villes, "pas acceptable" pour Marylise Léon, une "honte" pour Sophie Binet.
La secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon a pointé "des difficultés d'organisation des cortèges" pour cette journée de mobilisation à l'appel de tous les principaux syndicats, au cours d'une conférence de presse à Paris du Pacte du pouvoir de vivre, organisation dont la CFDT fait partie.
"J'ai passé le message à Matignon que ce n'était pas l'engagement qui avait été pris lors de notre rencontre du 21 octobre", a-t-elle ajouté. Le Premier ministre avait alors reçu des dirigeants syndicaux à la suite des violences et pillages qui s'étaient déroulés en marge de certaines manifestations contre la vie chère du 17 octobre, un mouvement parti sur les réseaux sociaux.
"Il faut être sérieux sur les parcours qu'on nous propose et nous expliquer qu'il ne faut pas être dans les centres-villes, ce n'est pas acceptable: le principe d'une manifestation, c'est sa visibilité", a-t-elle insisté.
"La préfecture de Paris nous a fait deux fois le coup d'annuler la veille au soir un parcours qui avait été validé et convenu par toutes les parties, donc ça, ce ne sont pas des pratiques de nature à poser un cadre serein pour les bonnes conditions de sécurité", a-t-elle déploré, alors que la décision de la préfecture de police quant au parcours entre les places de la Bastille et de la Concorde souhaité par les syndicats n'était pas encore connu à la mi-journée mercredi.
Les 24 et 31 octobre, les manifestations contre la vie chère avaient dû se tenir sur les boulevards des Maréchaux, qui ceinturent Paris, après l'interdiction de parcours plus centraux.
Mardi, l'intersyndicale d'Ile-de-France a attaqué en référé la préfecture de police pour obtenir la publication dans un délai raisonnable puis la suspension d'un potentiel arrêté d'interdiction de manifester jeudi à Paris entre Bastille et Concorde.
"Cette journée du 5, ça fait un mois qu'on l'a annoncée. À Paris, ça fait plus de 15 jours qu'on a fait une demande de parcours Bastille-Concorde. Là, depuis 15 jours, il n'y a aucune négociation avec la préfecture de Paris, aucune négociation sérieuse. Juste, on dit +pas de centre-ville+. C'est une honte, ça n'est pas sérieux de travailler comme ça", a également fustigé sur RMC la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.
"On a recensé 20 départements où la situation est la même" a expliqué Sophie Binet, évoquant entre autres Rennes, Toulouse, Lyon, Le Mans, Annecy, Saint-Brieuc.
"On est dans un moment extrêmement grave avec une dérive autoritaire très dangereuse du gouvernement" a estimé Mme Binet, en appelant à venir massivement manifester jeudi.