Cette guerre n'a "rien à voir avec l'Otan" : Berlin et Londres écartent toute mission pour rouvrir le détroit d'Ormuz, après l'appel de Donald Trump
information fournie par Boursorama avec Media Services 16/03/2026 à 14:32

Donald Trump à Washington, aux États-Unis, le 3 mars 2026. ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )

"L'Otan est une alliance pour la défense du territoire" de ses membres et "il manque le mandat permettant de faire intervenir l'Otan" en dehors de ses frontières, a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand Stefan Kornelius en conférence de presse, en réponse à l'appel du président américain Donald Trump.

Une guerre qui n'a "rien à voir avec l'Otan". Ce lundi 16 mars, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont écarté toute mission de l'Alliance afin de rétablir la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz - une réponse à l'appel de Donald Trump, qui a demandé l'aide de ses alliés et de la Chine pour débloquer cette voie stratégique. Un peu plus tôt, le Japon et l'Australie, alliés historiques des Etats-Unis dans la région indo-pacifique, ont exclu tout envoi de moyens dans le détroit, axe majeur pour le transport notamment d'hydrocarbures, dont le blocage a fait flamber les prix du brut.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré ce lundi 16 mars, lors d'une conférence de presse, que le Royaume-Uni travaillait avec ses alliés sur un "plan collectif viable permettant de rétablir la liberté de navigation dans la région le plus rapidement possible". Ce plan "ne sera pas et n'a jamais été envisagé comme une mission de l'Otan", a-t-il insisté, alors que le président américain Donald Trump a affirmé que cela serait "très mauvais" pour l'Otan si les alliés de Washington, notamment ceux qui dépendant du pétrole transitant par le détroit d'Ormuz, refusaient de se mobiliser. "Il devra s'agir d'une alliance de partenaires, et c'est pourquoi nous collaborons avec des partenaires, tant en Europe et dans le Golfe qu'avec les États-Unis", a ajouté le dirigeant britannique.

Peu auparavant, Berlin avait souligné que la guerre engagée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran n'avait "rien à voir avec l'Otan". "L'Otan est une alliance pour la défense du territoire" de ses membres et "il manque le mandat permettant de faire intervenir l'Otan" en dehors de ses frontières, a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand Stefan Kornelius en conférence de presse régulière. S'opposant à toute "nouvelle escalade militaire" dans la région, l'Allemagne n'offrira "aucune participation militaire" mais est prête "à garantir, par la voie diplomatique, la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz", a déclaré le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius au même moment. Les ministres des Affaires étrangères lituanien et polonais, historiquement atlantistes, ont eux estimé que les pays de l'Otan devraient "étudier" une demande américaine de contribution si elle était officiellement soumise à l'Alliance.

Mission européenne Aspides ?

Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'UE doivent discuter ce lundi d'un possible recours dans le détroit d'Ormuz à la mission Aspides de protection du trafic maritime, a indiqué la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas, plusieurs ministres écartant toutefois une décision à court terme. Cette mission, conçue à l'origine pour protéger les navires marchands des attaques des rebelles houtis, alliés de l'Iran, est actuellement déployée en mer Rouge.

La France avait évoqué le 9 mars une mission internationale "purement défensive" pour rouvrir le détroit, sans préciser si elle devait se faire dans le cadre de la mission Aspides. Mais plusieurs ministres européens, notamment espagnol, allemand et néerlandais, se sont montrés prudents sur un éventuel recours à cette mission, qui comprend trois navires militaires en patrouille en mer Rouge : un grec, un français et un italien. "Il ne faut rien faire qui ajoute encore plus de tension, encore plus d'escalade", a affirmé le ministre espagnol José Manuel Albares, en marge de cette réunion ministérielle. Keir Starmer a aussi déclaré ce lundi que le Royaume-Uni "ne se laissera pas entraîner dans une guerre plus vaste" et qu'il souhait que le conflit s'achève "le plus vite possible".

Depuis le début du conflit le 28 février, Londres a autorisé les Etats-Unis a utiliser deux bases militaires britanniques pour mener des "opérations défensives" contre l'Iran, et a envoyé des moyens aériens pour soutenir ses alliés dans la région face aux attaques de drones iraniens. Un destroyer de la Royal Navy est également déployé en Méditerranée orientale pour protéger notamment les importantes bases militaires britanniques à Chypre. "Nous disposons déjà de systèmes autonomes de détection de mines dans la région. Nous étudions les options et les expertises disponibles", a précisé Keir Starmer lors de cette conférence de presse durant laquelle il a annoncé un plan de 53 millions de livres pour soutenir les foyers britanniques les plus pénalisés par la hausse des prix du pétrole en raison du conflit au Moyen-Orient.