Cessez-le-feu en Iran: le gouvernement s'engage à une baisse rapide des prix du carburant, assure Lecornu
information fournie par Boursorama avec Media Services 08/04/2026 à 12:07

Après le coup de chaud des dernières semaines, les cours du pétrole ont fortement chuté après l'annonce de la trève entre Etats-Unis et Iran. Le Premier ministre promet des effets rapides sur les prix à la pompe, même si la réalité technique complique la donne.

Une station-service, à Paris, le 2 avril 2026 (illustration) ( AFP / JULIEN DE ROSA )

L'accalmie pourra t-elle venir aussi vite que la flambée? Selon Sébastien Lecornu, le gouvernement "veillera" à ce que les prix des carburants baissent "aussi vite qu'ils sont montés" après l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran. "Quand les prix mondiaux baissent, les prix à la pompe doivent baisser, aussi vite qu'ils sont montés. Le gouvernement y veillera" , a écrit le Premier ministre sur le réseau social X.

Lecornu face à la fusée et la plume

La mécanique d'une baisse aussi rapide que la hausse est néanmoins nuancée par des réalités techniques liées au marché des carburants, et au phénomène dit de "Rockets and Feathers" (les prix montent comment une fusée mais descendent comme une plume, ndlr).

Le premier facteur est lié aux délais et aux stocks. Sur le très court terme, les stations-service vendent ainsi du carburant acheté et payé à un "ancien coût" plus élevé. L'ajustement des prix est dès lors plus lent, dans la mesure notamment où la vente à perte est interdite.

En outre, les prix ne sont, pour la plupart, pas modifiés en continu mais par des mises à jour plus espacées. Les alignements de prix sont dès lors plus lents, le temps pour les réseaux de distribution de s'ajuster en fonction des pratiques. Cette tendance d'une baisse plus lente s'explique encore par des facteurs liés aux comportements des automobilistes, ainsi qu'aux taxes fixes qui atténuent les variations des prix à la pompe par rapport aux cours du pétrole.

Matignon veut un "plan de contrôle" des prix pour dissuader les profiteurs de crise

Ces dernières semaines, les prix des carburants ont flambé, conséquence de la guerre au Moyen-Orient. Le Premier ministre indique que les ministres concernés et les services de l’État réuniront à cet effet "toute la filière, des raffineurs aux distributeurs, à Bercy" sans préciser la date, et qu'un "plan de contrôle sera déclenché". "Personne en France ne doit profiter de cette crise, ni hier, ni demain" , ajoute le chef du gouvernement. M. Lecornu a qualifié d'"avancée diplomatique" la trêve de 15 jours annoncée entre les États-Unis et l'Iran, qui "pourrait rouvrir le détroit d’Ormuz", où transite environ un cinquième du brut mondial, et a "de premiers effets sur le prix du pétrole".

Le prix du gaz européen a reculé d'environ 20 % mercredi à l'ouverture, dans la foulée de ceux du pétrole, qui retombaient sous la barre des 100 dollars le baril. En France, les prix des carburants pourraient baisser de "5 à 10 centimes" le litre "très rapidement", selon le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip) Olivier Gantois.