CDI jeunes : face aux réactions provoquées par son idée, le Medef se dit "curieux" de voir les alternatives proposées information fournie par Boursorama avec Media Services 05/02/2026 à 13:17
Mercredi, le ministre de Travail Jean-Pierre Farandou a assuré que la proposition du CDI jeunes du Medef ne serait "pas reprise" par le gouvernement.
Face au chômage des jeunes, "le patronat ne peut pas rester indifférent". Ce jeudi 5 février, le président du Medef Patrick Martin a expliqué la suggestion faite par son mouvement d'un CDI moins sécurisé pour les jeunes éloignés de l'emploi, et s'est dit "curieux" de voir quelles alternatives seraient proposées à cette idée décriée.
En France, "il y a combien de jeunes au chômage? 20%. Il y en avait combien il y a 20 ans ? 20%. Il y en avait combien il y a 30 ans ? 20%. Il y en a combien en Allemagne? 5%", a-t-il déclaré sur France 2, "et le patronat ne peut pas rester indifférent à cette situation". Cette idée, qu'il avait projeté de "débattre avec les syndicats", dans le cadre de l'agenda autonome des partenaires sociaux, "c'est pour les 1,4 million de jeunes ni en emploi ni en formation ni en études, dont personne ne s'occupe, ça ne s'adresse pas aux jeunes qui ont des diplômes", a-t-il justifié. Et "si elle n'est pas reprise, je suis bien curieux de savoir quelles autres propositions les uns et les autres auront pour régler ce problème", a-t-il ajouté.
"Déclaration de guerre contre les jeunes"
Cette proposition d'un CDI "pouvant être rompu sans motif pendant les premières années" figurait parmi des documents distribués aux autres numéros un des organisations patronales et syndicales réunis le 28 janvier au siège du Medef. La CGT a qualifié depuis cette proposition de "déclaration de guerre contre les jeunes et les salariés", et le ministre de Travail Jean-Pierre Farandou a assuré mercredi qu'elle "n'était pas reprise" par le gouvernement.
Interrogé par ailleurs sur la possibilité d'exclure les grandes entreprises américaines du numérique des appels d'offres des entreprises européennes, Patrick Martin a considéré qu'il fallait "être lucide : on ne peut pas le faire (car) on ne sait pas le faire", a-t-il constaté, une bonne raison, selon lui, pour que "l'Europe se ressaisisse (...) et consacre plus d'argent à l'innovation et à l'investissement en compétences". Enfin, alors que les grandes entreprises sont à peu près les seules à faire les frais fiscaux du budget 2026, Patrick Martin a indiqué "comprendre la complexité de l'équation" budgétaire pour le gouvernement, mais a souhaité que celui-ci "envoie assez vite un signal un peu rassurant pour 2027, parce que l'économie ne peut pas être suspendue" jusqu'à la présidentielle, selon lui.