Catastrophe ferroviaire en Espagne : zoom sur le réseau à grand vitesse espagnol, un géant d'Europe à l'épreuve de la concurrence
information fournie par Boursorama avec Media Services 28/10/2026 à 14:55

Depuis 2021, le réseau à grande vitesse est exploité par trois compagnies. Si l'ouverture à la concurrence a fait chuter les prix et bondir le nombre de voyageurs, elle pose selon certains experts des questions quant à l'usure des infrastructures et du matériel roulant.

Un train près de la gare d'Adamuz, en février 2026 (illustration) ( AFP / JORGE GUERRERO )

Au moins 64 personnes ont été tuées mercredi 28 octobre dans la collision de deux trains reliant Madrid et l'Andalousie. Ce bilan encore provisoire en fait une des pires catastrophes ferroviaires en Espagne après un précédent drame il y a moins d'un an. Le 18 janvier 2026, un accident ferroviaire survenu sur la commune d'Adamuz, en Andalousie, avait fait 48 morts, dans ce qui constitua à l'époque la toute première collision jamais survenue entre deux trains sur le réseau à grande vitesse espagnol

Avec près de 4.000 kilomètres de voies ferrées, le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol est le deuxième du monde, après celui de la Chine, et l'une des fiertés du pays. Dans le détail, ce réseau ferré est long 3.993 kilomètres, dont 3.225 spécialement réservés à des vitesses supérieures à 250 km/h. Ces chiffres en font le réseau ferré le plus long d'Europe, selon les statistiques européennes les plus récentes.

Depuis l'ouverture à la concurrence du transport de voyageurs en grande vitesse fin 2020, trois compagnies y font circuler des trains à grande vitesse: Renfe (Red Nacional de los Ferrocarriles Espanoles), la grande compagnie ferroviaire publique espagnole, Iryo , opérateur de trains à grande vitesse contrôlé par l'italien Ferrovie dello Stato Italiane (FS, maison mère de Trenitalia, avec 51%) et des acteurs espagnols comme Air nostrum (25%) et Globalvia (24%), et enfin, Ouigo España , filiale de la SNCF française.

Etoile autour de la capitale

Le réseau est organisé autour de lignes qui convergent vers la capitale Madrid et sa gare Atocha, pour tout ce qui vient du sud et de l'est, et Madrid-Chamartin pour le nord-ouest, mais il comporte aussi des lignes transversales qui relient par exemple la Catalogne à l'Andalousie en direct.

Selon Frederic de Kemmeter, expert indépendant des transports en Europe, Renfe conserve une part de marché supérieure à 60% (61,2%), alors qu'Iryo et Ouigo se partagent les quelque 40% restants.

L'arrivée de l'ouverture à la concurrence a fait exploser le nombre de passagers à près de 40 millions en 2024, avec un rythme d'utilisation des voies qui entraîné une fatigue accélérée du matériel roulant et de l'infrastructure, selon certains experts.

Depuis le 1er janvier 2005, le réseau ferré espagnol est séparé de Renfe. Le gestionnaire public du réseau principal, ADIF, a la responsabilité de plus de 15.000 kilomètres de voies ferrées.