Carburants : les prix ne baisseront pas durablement sans "paix" au Moyen-Orient, selon le patron de Coopérative U
information fournie par Boursorama avec Media Services 09/09/2026 à 17:34

Les distributeurs pratiquent des des "marges plus réduites que jamais", selon Dominique Schelcher, à l'inverse des raffineurs, chez qui "les marges ont fortement augmenté, fois trois, fois quatre".

Dominique Schelcher à Boulogne-Billancourt, le 25 mars 2025. ( AFP / LUDOVIC MARIN )

S'il a écarté toute pénurie à l'heure actuelle, le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, a prévenu mercredi 9 septembre que les prix du carburant, au cœur d'une réunion mercredi à Bercy, resteront "tendus" tant qu'il n'y aura pas la "paix" au Moyen-Orient.

Alors que le baril de pétrole Brent a atteint les 100 dollars mercredi pour la première fois depuis fin juillet, jusqu'où ces prix peuvent-ils monter ? "Personne ne peut le dire", a répondu Dominique Schelcher sur BMTV/RMC . Mais la situation sera "tendue" tant "qu'il y aura des perturbations comme cette nuit", a ajouté le patron du quatrième distributeur alimentaire français, en référence aux nouvelles frappes aussi bien américaines qu'iraniennes ayant notamment ciblé des pétroliers au Moyen-Orient.

"Le carburant, c'est une chaîne logistique mondiale qui est complexe ", et "cette chaîne, elle est perturbée", a-t-il rappelé.

"Il y a des capacités de raffinage qui sont moins fortes qu'avant" et des "routes maritimes" perturbées par les attaques de bateaux, dont l'assurance "coûte plus cher", a détaillé le PDG de Coopérative U.

"Extrêmement tendu"

"Tant qu'il n'y aura pas de la sérénité, la paix, en fait, et de la tranquillité pour de la circulation normale, on aura des prix tendus."

Interrogé sur le fait de savoir si le prix des carburants pourrait atteindre 2,40 euros le litre, Dominique Schelcher s'est refusé à tout "pronostic", constatant "seulement que c'est extrêmement tendu".

Le gouvernement a réuni mercredi à Bercy les distributeurs de carburants pour "suivre la situation", selon Dominique Schelcher, qui a rappelé que son secteur pratiquait des "marges plus réduites que jamais" sur ce "produit d'appel". A l'inverse, "au niveau du raffinage, les marges ont fortement augmenté, fois trois, fois quatre", a-t-il relevé, estimant que ce "maillon" peut "peut-être aujourd'hui faire un effort".

En outre, le plafonnement des prix pratiqué par TotalEnergies, à la fois raffineur et distributeur, s'apparente à une "concurrence déloyale", a-t-il de nouveau estimé.

Cela explique en partie, avec le "changement de comportement des Français", la baisse "inédite" de vente de carburant en volume chez Coopérative U, de 7% "depuis le début de l'année" par rapport à l'année dernière, selon lui.

Faut-il un plafonnement général des prix ? "C'est quelque chose que moi, je ne peux pas préconiser", à l'heure où "les caisses de l'Etat sont vides", répond Dominique Schelcher, invitant plutôt à "accompagner les Français qui en ont le plus besoin".