Carburants: 18% de stations en rupture temporaire, nouvelles aides ciblées en préparation information fournie par AFP 07/04/2026 à 10:37
Des "problématiques de logistiques" ont entraîné des ruptures temporaires d'au moins un type de carburant dans une station-service sur cinq en France après le week-end prolongé de Pâques, selon le gouvernement, qui prévoit de nouveaux dispositifs d'aides face à la grogne persistante dans plusieurs secteurs de l'économie.
Le gouvernement se veut rassurant sur les disponibilités en carburant, martelant qu'il n'y a pas de problèmes d'approvisionnement ni de pénurie.
Néanmoins, la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Energie Maud Bregeon a annoncé mardi sur RMC/BFMTV qu'environ 18% des stations-service du pays sont en rupture temporaire d'au moins un carburant après le week-end de Pâques.
Samedi, ce chiffre de stations en rupture partielle ou totale n'était que de 12%, selon les derniers chiffres issus du recensement de Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC).
"Ces difficultés sont dues à des problématiques logistiques, de transport", a ajouté Maud Bregeon. Son cabinet précise que les livraisons ont été "nécessairement moins soutenues qu'en semaine" lors du week-end prolongé.
- "Quelques semaines de visibilité" -
Les ruptures sont particulièrement sensibles dans les stations du réseau TotalEnergies, qui a plafonné le prix des carburants, entrainant un afflux plus important d'usagers.
Dans les autres stations, le taux de rupture d'au moins un carburant n'est que d'environ 4%, a assuré Maud Bregeon.
Olivier Gantois, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip) a rassuré sur RTL mardi matin: "les stations seront pour la plupart réapprovisionnées dès aujourd'hui", a-t-il déclaré.
A ce stade, le président de l'Ufip ne voit pas de pénurie se dessiner, assurant avoir "quelques semaines de visibilité".
Il a indiqué que la hausse des prix des carburants en mars n'a pas fait diminuer la consommation des Français, qui ont acheté 1% de carburant de plus qu'en mars 2025.
- Protestations -
La hausse des prix du gazole et de l'essence, mesurée lundi à 2,315 euros le litre en moyenne pour le gazole - le carburant le plus utilisé par les Français - et à 2,015 euros pour le SP95-E10 selon les calculs de l'AFP, se traduit donc directement en surcoût pour les usagers, professionnels comme particuliers.
Mardi matin, des blocages à l'initiative d'entreprises de travaux publics et de paysages avaient lieu sur le périphérique nantais pour protester contre le prix du gazole non routier (GNR) et gazole, selon la Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage (CNATP).
La hausse des carburants "augmente énormément les charges, sans qu'une entreprise puisse réviser les devis qui ont été faits six mois auparavant", a déploré Andrea Lemasson, secrétaire générale de la CNATP. "Les trésoreries sont fragilisées".
Et en Corse, les six principaux ports de l'île sont bloqués depuis mardi matin par des pêcheurs qui demandent la fin de la "spirale mortifère" de l'augmentation du prix des carburants, déjà plus chers sur l'île que sur le continent.
Face à la grogne, le gouvernement a dit mardi prévoir un nouveau dispositif d'aides pour certaines professions les plus touchées.
Mme Bregeon a notamment mentionné les "aides-soignantes", les "aides à domicile" et "certains agriculteurs qui font encore face à des difficultés particulières".
En revanche, la ministre a de nouveau repoussé toute "aide universelle, parce que nous ne pouvons pas nous le permettre".
Elle a également rejeté un blocage des prix alors que la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, a demandé lundi la mise en place d'un "prix maximum à la pompe de 1,70 euro".
"Ca amènerait dans un laps de temps très rapide à des problématiques de pénurie", a estimé Mme Bregeon mardi.
Si la porte-parole du gouvernement a assuré mardi ne pas observer de "marge indue chez les distributeurs", le ministre de l'Economie Roland Lescure avait annoncé vendredi avoir écrit à la Commission européenne pour lui demander d'enquêter sur les marges des raffineries en Europe et de s'assurer qu'il n'y avait "pas d'abus".
L'Espagne, l'Autriche, l'Allemagne, l'Italie et le Portugal ont de leur côté appelé l'Europe a mettre en place une taxe sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques, en réponse à la hausse des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient.