Canicule: la chaleur reflue, la vigilance sanitaire demeure
information fournie par AFP 28/06/2026 à 21:32

Des tissus installés à l'extérieur des fenêtres pour protéger les logements de la chaleur à Paris, le 26 juin 2026, lors d'un épisode de canicule en France ( AFP / JOEL SAGET )

Des températures chaudes, mais plus respirables: une grande partie de la France a vu refluer dimanche un épisode caniculaire historique, avant la fin lundi de la vigilance rouge, mais le risque d'orages persiste et la vigilance sanitaire demeure, dans la crainte d'une forte surmortalité.

Lundi, plus aucun département ne sera en vigilance rouge et 22 resteront en vigilance orange canicule, signant la fin de la vague de chaleur la "plus intense" jamais mesurée dans le pays, selon Météo-France.

En Europe, elle a déjà fait plus de 1.300 morts, selon l'Organisation mondiale de la santé. En France, Santé publique France comptabilise depuis mercredi "environ 1.000 décès supplémentaires" par rapport aux mois précédents, un premier bilan probablement voué à s'alourdir.

"Faillite collective"

Depuis le 18 juin, les interventions des secours ont augmenté de 20% par rapport à la même période de l’année dernière, a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Si l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a évoqué une activité des urgences "exceptionnellement élevée" depuis la fin de la semaine, elle note une baisse des passages aux urgences (-10%) et des appels au Samu (-9%) depuis 24 heures, à un niveau encore nettement supérieur à la normale.

Lundi, le Premier ministre Sébastien Lecornu présidera en fin d'après-midi une nouvelle cellule interministérielle de crise pour faire le "bilan" et tirer un "retour d'expérience" de l'épisode, selon Matignon.

Le gouvernement avait "bien anticipé" la crise, a répété M. Nuñez, quand Ian Brossat, sénateur PCF et conseiller à la mairie de Paris, a dénoncé "une forme de faillite collective", et la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, "l'impréparation totale de nos gouvernants".

Des température affichées sur des thermomètres devant une pharmacie à Thionville, en Moselle, le 26 juin 2026 ( AFP / Jean-Christophe Verhaegen )

Dimanche, les deux départements alsaciens restaient en vigilance rouge, jusqu'à 22H00, contre 72 au pic de l'épisode, jeudi. Lundi, 22 resteront en orange pour la canicule.

Un soulagement pour les millions de Français éprouvés par le tunnel de nuits aux températures supérieures à 20°C, qui a laissé Louise Stockmanns, Strasbourgeoise de 73 ans, "épuisée" après avoir été "enfermée" chez elle à "suffoquer".

Mais pour certains la chaleur torride était encore là dimanche: il a fait 41,1°C à Vidauban (Var), 40,4°C à Le Luc (Var), 38,4°C à Tencin (Isère)... Au niveau national, la température moyenne a été de 26°C, selon les données relevées à 17H00 par Météo-France.

"Fortes chaleurs" en juillet ?

Et le thermomètre pourrait regrimper bientôt: Météo-France indique que pour la semaine du 6 au 13 juillet, "le scénario de fortes chaleurs sur le pays devient plus probable", même si leur intensité "reste à ce stade incertaine".

Des éclairs au-dessus de la tour Eiffel durant un orage à Paris le 27 juin 2026 ( AFP / DIMITAR DILKOFF )

Pour l'heure, le reflux des températures s'accompagne d'orages parfois violents. Dans la nuit, 19 départements seront de nouveau en vigilance orange pour les orages, jusqu'à 6h lundi, contre 23 la veille.

Par précaution, la dernière journée des festivals de musique Europavox, à Clermont-Ferrand, et Garorock, à Marmande (Lot-et-Garonne), a été annulée, comme la célébration de la victoire de l’équipe de rugby de Toulouse.

Dans les Yvelines, la foudre a occasionné "des dégâts importants" (arbres sur les voies, caténaire endommagée), ont indiqué SNCF Voyageurs, SNCF Réseau et Ile-de-France Mobilités.

Cela a provoqué une "interruption totale ou partielle de la circulation sur certains tronçons" du Transilien et "les perturbations vont malheureusement durer plusieurs jours", préviennent-ils.

L'agriculture aussi a souffert: la ministre a fait état aux Echos d'un "impact énorme" pour les filières animales, évoquant une "mortalité plus importante et une perte de production de lait".

Il y aura aussi "des pertes de récoltes, (...) notamment dans les céréales comme le blé, le maïs, avec une vraie différence entre les surfaces qui ont pu être irriguées et les autres. Nous pourrons l'évaluer à la fin des moissons", a déclaré Annie Gennevard.

Une baignoire de refroidissement d'urgence et des poches de glace, dans une caserne de pompiers à Paris, le 28 juin 2026 lors d'un épisode de canicule en France ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Cet épisode caniculaire, phénomène intensifié par le changement climatique, principalement causé par la combustion des énergies fossiles , " dépasse celui d'août 2003 en termes d'intensité et est équivalent en termes de durée", indique Météo-France.

Ce dernier avait causé quelque 15.000 morts. Mais "on ne sera pas probablement dans la même situation d'un point de vue sanitaire", on n'aura "probablement pas la même surmortalité", a estimé dimanche la ministre de la Santé Stéphanie Rist sur BFMTV.

Malgré tout, les effets sanitaires de cette canicule - déshydratations, décompensations de maladies chroniques, report d'opérations non urgentes - "restent devant nous", avaient prévenu samedi les services du Premier ministre Sébastien Lecornu.

Dans les funérariums, on constate "une saturation des chambres funéraires, avec une grande disparité selon les régions", expliquait samedi Gautier Caton, porte-parole de la Fédération nationale du funéraire (FNF).

Face à la hausse de la mortalité dans l’agglomération parisienne, "des solutions temporaires visant à accroître les capacités des services funéraires et de l’IML (l'Institut médico-légal, NDLR)" sont "disponibles", a indiqué à l'AFP la préfecture de police.