Canal+ "assume complètement" de garder Morandini sur CNews malgré sa condamnation information fournie par AFP 15/01/2026 à 14:12
"On assume complètement" le maintien à l'antenne de CNews de l'animateur Jean-Marc Morandini malgré sa condamnation définitive pour corruption de mineurs, a déclaré jeudi le directeur général de Canal+ France, Gérald-Brice Viret.
"Il n'est en contact avec aucun mineur à CNews", et ce "depuis très longtemps", a-t-il souligné devant l'Association des journalistes médias.
Le "Morandini Live" a repris normalement jeudi matin sur la première chaîne info de France, qui appartient au groupe Canal+, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, avec plusieurs sujets sur la délinquance.
Dans un communiqué, le syndicat +Libres de Canal+ a demandé "le départ sans indemnité de Jean-Marc Morandini", comme la direction de la chaîne alors appelée iTélé s'y était engagée en 2016 en cas de condamnation.
Le syndicat a pointé une "remise en cause de la crédibilité de notre groupe dans sa politique de responsabilité sociale et environnementale", une "atteinte à son image" et un "impact sur la fierté d'appartenance des collaborateurs".
+Libres appelle les salariés, les personnalités et sportifs passant sur les chaînes du groupe à "faire entendre leur voix face à une situation susceptible de heurter leurs valeurs ou leur conscience".
Mais M. Viret l'a martelé: Jean-Marc Morandini "est à l'antenne et il le restera".
La Cour de cassation a rendu définitive mercredi la condamnation de l'animateur pour corruption de mineurs, pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016, en n'admettant pas son pourvoi.
CNews avait indiqué quelques heures plus tard que "Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice" et "reste à l'antenne". La décision a été actée avec le PDG du groupe Canal+ Maxime Saada.
L'animateur de 60 ans avait été condamné le 21 mars 2025 à deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende par la cour d'appel de Paris.
Celle-ci avait en outre prononcé contre M. Morandini une interdiction définitive d'exercer une profession en contact avec des mineurs et confirmé son inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.
L'animateur, qui a dit envisager de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme, récuse "le moindre geste déplacé".
Depuis septembre, Jean-Marc Morandini "fait son émission directement dans les locaux de CNews et d'Europe 1" à Paris et "c'est très bien fait", il n'est "pas au même étage" que les jeunes stagiaires, a précisé le directeur général de Canal+ France chargé des programmes et des chaînes.
Cette absence de contact avec les mineurs était une "condition depuis 2016 déjà", a rappelé M. Viret. Jusqu'à l'été dernier, M. Morandini tournait son émission hors du siège de la chaîne, dans un studio des Champs-Elysées.
En 2016, la rédaction avait fait grève pendant un mois pour protester contre l'arrivée de l'animateur à l'antenne. Il venait d'être mis en examen pour "corruption de mineurs" et avait été écarté d'Europe 1.
Interrogé sur un éventuel recul de la publicité sur la chaîne en conséquence du maintien de M. Morandini, il a affirmé que "c'est le public qui décidera": "Si les audiences sont fortes, les annonceurs seront là".
"Ils n'ont jamais été aussi nombreux aujourd'hui" et CNews est "à l'équilibre opérationnel en 2025, pour la première année", a-t-il ajouté.