Canada-La BoC opte pour le statu quo sur ses taux mais n'exclut pas un prochain relèvement
information fournie par Reuters 18/03/2026 à 15:30

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par Promit Mukherjee et David Ljunggren

La Banque du Canada (BoC), a comme prévu, maintenu mercredi son principal taux directeur à son niveau actuel, mais son gouverneur, Tiff Macklem, a déclaré que l'institution était prête à relever ses taux afin d'éviter que la hausse des prix de l'énergie ne se traduise par une inflation persistante.

Alors que le principal taux directeur de la BoC est à 2,25% depuis octobre dernier, le conflit en cours au Moyen-Orient, entré dans sa troisième semaine, a provoqué une flambée du prix de l'essence et est susceptible d'alimenter l'inflation à court terme.

"Il est trop tôt pour évaluer quelles répercussions le conflit au Moyen-Orient aura sur la croissance au Canada", a déclaré Tiff Macklem à la presse. Il a ajouté que le risque de voir la hausse des prix de l'énergie se répercuter rapidement sur les prix d'autres biens et services semblait pour le moment maîtrisé.

"Le Conseil des gouverneurs ne tiendra pas compte de l'impact immédiat de la guerre sur l'inflation, mais si les prix de l'énergie restent élevés, nous ne laisserons pas leurs effets s'étendre et se transformer en inflation persistante", a-t-il poursuivi.

Avant le déclenchement de la guerre en Iran, le 28 février, le taux d'inflation au Canada oscillait autour de l'objectif à moyen terme de 2% de la banque centrale depuis plusieurs mois.

Les économistes estiment que les prix élevés de l'énergie risquent d'affecter les prévisions d'inflation et de croissance si le détroit d'Ormuz, qui représente un cinquième du commerce mondial de pétrole, reste fermé au-delà de quelques semaines.

Les marchés monétaires, qui s'attendaient à ce que la banque choisisse le statu quo tout au long de cette année, ont renforcé leurs paris sur une hausse des taux en décembre. 0#CADIRPR

Le dollar canadien CAD= s'est affaibli après les annonces de la BoC et s'échangeait vers 14h10 GMT en repli de 0,14% à 1,3717 pour un dollar américain.

"La faiblesse économique combinée à une inflation en hausse constitue un dilemme pour les banques centrales", a souligné Tiff Macklem.

"Relever les taux d'intérêt pour ralentir l'inflation pourrait affaiblir davantage l'économie. Baisser les taux d'intérêt pour soutenir la croissance risque de faire grimper l'inflation bien au-delà de l'objectif", a-t-il noté.

Selon Tiff Macklem, la croissance économique au Canada à court terme sera probablement plus faible que ce que la banque centrale avait prévu en janvier. Il a jugé que l'incertitude était actuellement "très forte".

Le Canada doit également faire face aux droits de douane américains sur certains secteurs clés, à la morosité des investissements des entreprises, à un marché du travail atone et à un manque de clarté sur l'avenir de l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis et le Mexique.

"L'économie canadienne doit faire face à de nombreux défis, et nous sommes désormais confrontés à davantage de volatilité", a-t-il dit.

(Reportage Promit Mukherjee et David Ljunggren; version française Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)