Canada: La BoC maintient son principal taux directeur à 2,25% information fournie par Reuters 02/09/2026 à 16:48
par Promit Mukherjee et David Ljunggren
La Banque du Canada (BoC) a maintenu mercredi son principal taux directeur à 2,25%, comme prévu par la plupart des économistes, mais a indiqué que les risques pesant sur l'inflation s'étaient accrus et que les nouveaux droits de douane américains rendaient les perspectives de croissance plus incertaines.
Le taux directeur est à ce niveau depuis 11 mois, alors même que les tensions commerciales entre le Canada et les Etats-Unis se sont aggravées, tandis que l'économie et le marché du travail ont relativement bien résisté.
Les derniers droits de douane de 50% imposés par le président américain Donald Trump sur certaines importations canadiennes sont entrés en vigueur après la publication des chiffres du PIB du deuxième trimestre. Les économistes estiment que ces surtaxes pourraient dégrader le moral des entreprises et des ménages.
Les droits de douane décidés par le Canada en rétorsion entreront, eux, en vigueur la semaine prochaine, ce qui pourrait accentuer les pressions inflationnistes.
"Les nouveaux droits de douane américains et les contre-mesures canadiennes feront également augmenter les coûts de certaines entreprises, et pourraient se répercuter sur les prix à la consommation avec le temps", écrit la BoC dans son communiqué de politique monétaire.
"(...) Les risques à la hausse entourant l'inflation ont augmenté, et les nouveaux droits de douane rendent les perspectives de croissance plus incertaines", poursuit la banque centrale.
La croissance de l'économie canadienne a rebondi au deuxième trimestre avec un taux annualisé à 3,3%, mais le pays fait désormais face à des risques contradictoires liés à l'escalade du conflit commercial avec les Etats-Unis.
Les droits de douane américains menacent d'affaiblir la croissance canadienne, tandis que les mesures de rétorsion du Canada, à hauteur d'un dollar pour un dollar, pourraient exercer une pression à la hausse sur les prix intérieurs.
Selon les économistes, ces risques contradictoires expliquent le choix de la BoC d'opter dans l'immédiat pour le statu quo afin de disposer de la marge de manœuvre nécessaire pour patienter et évaluer l'impact des droits de douane avant de modifier ses coûts d'emprunt.
(Reportage Promit Mukherjee; version française Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)