Canada-La BoC maintient ses taux, peu de signes d'une inflation généralisée information fournie par Reuters 10/06/2026 à 16:40
par David Ljunggren
La Banque du Canada (BoC) a, comme prévu, maintenu mercredi son principal taux directeur au niveau actuel et précisé qu'elle ne voyait que peu de signes laissant à penser que la hausse des prix de l'énergie alimente une inflation généralisée.
Le gouverneur de la BoC, Tiff Macklem, a toutefois réaffirmé que la banque n'hésiterait pas à relever ses coûts d'emprunt si cela s'avérait nécessaire pour contenir l'inflation.
C'est la cinquième réunion de politique monétaire d'affilée au cours de laquelle la BoC opte pour le statu quo sur ses taux, dont le principal taux est à 2,25%, alors que de nombreux indicateurs compliquent les perspectives économiques.
La guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran a fait flamber les prix de l'essence, pesant sur le budget des ménages, même si le Canada, exportateur net de pétrole brut, en tire davantage de revenus.
"Jusqu'à présent, il y a peu de signes d'une transmission généralisée des prix plus élevés de l'énergie aux autres prix à la consommation", écrit la Banque centrale du Canada dans son communiqué de politique monétaire.
"Le Conseil de direction continue de regarder au-delà de l'impact à court terme de la guerre sur l'inflation globale, mais ne laissera pas les prix plus élevés de l'énergie se transformer en inflation persistante", poursuit le communiqué.
Une enquête Reuters auprès de 34 économistes prévoyait que la banque centrale ne toucherait pas à ses taux ce mercredi et plus de 80% des personnes sondées anticipaient qu'elle maintiendrait ses taux au niveau actuel tout au long de l'année.
Mais les marchés monétaires tablent toujours sur un relèvement des taux de 25 points de base en décembre.
Le taux d'inflation global du Canada a atteint 2,8% en avril sur un an et Tiff Macklem a déclaré que la banque s'attendait à ce qu'il oscille autour de 3% avant de redescendre progressivement vers l'objectif à moyen terme de 2%.
Même si le taux de chômage au Canada est tombé en mai à son plus bas niveau en cinq mois, Tiff Macklem a souligné la disparité des données depuis janvier.
Pour le gouverneur de la BoC, la guerre pose un dilemme aux responsables de la politique monétaire: augmenter les taux pour freiner l'inflation pourrait ralentir davantage l'économie, tandis que les assouplir pour soutenir la croissance économique accroît le risque d'une inflation durablement plus élevée.
"Pour l'instant, le maintien du taux directeur permet d'équilibrer ces risques", a déclaré à la presse Tiff Macklem.
La monnaie canadienne a conservé ses gains initiaux après les annonces de la BoC, s'appréciant de 0,3% contre la devise américaine, à 1,3903 dollar canadien.
(Reportage David Ljunggren; version française Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)