"C'est trop lent" : la France appelle Bruxelles à faire plus pour protéger l'industrie européenne face à la Chine
information fournie par Boursorama avec Media Services 09/06/2026 à 11:59

"On demande à l'Europe de sévir, de mettre en place des clauses de sauvegarde, des tarifs douaniers et on se bat aussi pour avoir une préférence européenne", a déclaré lundi Emmanuel Macron.

Sébastien Martin à Sausheim, le 2 juin 2026. ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

Il faut mettre en place une "préférence européenne", et rapidement. Le ministre français de l'Industrie, Sébastien Martin, a estimé mardi 9 juin que l'Union européenne n'allait pas assez vite et ne consacrait pas assez de moyens humains à ses efforts pour protéger ses industries de la concurrence déloyale de pays comme la Chine

Les clauses de sauvegarde, ou les droits de douane prévus en cas de concurrence déloyale, "c'est trop lent à activer", a estimé le ministre, sur franceinfo , indiquant que "la France demande à l'Union européenne de mettre plus de moyens" pour instruire ces dossiers.

"On a autant de fonctionnaires qui s'occupent de ces sujets-là au sein de la Commission européenne qu'au Royaume-Uni. C'est pas possible, il en faut plus, il faut que ça s'active plus vite ", a insisté Sébastien Martin. Il a réitéré l'appel lancé la veille par le président Emmanuel Macron à mettre en place "la préférence européenne" .

Rappelant que l'achat de véhicules électriques était subventionné, il a souhaité que ces aides "se fassent pour des véhicules électriques Made in Europe comme nous le faisons en France", afin de contrer l'industrie chinoise.

Cette préférence européenne, le ministre souhaite la voir s'appliquer à de nombreux secteurs, comme "l'énergie" et "tout ce qui est énergie verte", mais aussi l'acier, les ciments et le béton, la pharmacie, ou encore l'industrie chimique, rappelant que sur ce dernier point, il y avait "débat avec nos amis allemands".

Concurrence déloyale

Tout comme l'acier, la chimie ne fait en effet pas partie des filières ciblées par un plan présenté en mars par la Commission européenne pour soutenir le "Made in Europe". Fin avril, la Chine a menacé de "prendre des contre-mesures" si Bruxelles adoptait ce plan .

Le texte exigerait des entreprises de secteurs jugés stratégiques "un nombre ou un pourcentage de composants critiques originaires d'Europe" quand elles bénéficient de fonds publics, selon le vice-président de la Commission européenne, le Français Stéphane Séjourné. Le texte cible l'industrie automobile, les technologies d'énergies décarbonées (panneaux solaires, batteries, pompes à chaleur, centrales nucléaires...), les industries lourdes.

Sans être nommée, la Chine semble clairement visée. Les Européens dénoncent de longue date la concurrence déloyale exercée selon eux par les entreprises chinoises fortement subventionnées.

Le texte "impose de nombreuses restrictions aux investissements étrangers dans quatre secteurs stratégiques émergents : les batteries, les véhicules électriques, le photovoltaïque et les matières premières cruciales ; il instaure des clauses exclusives d''origine UE' dans la passation des marchés publics et des politiques de soutien public", dit le ministère chinois. "Les investisseurs chinois seront en butte à la discrimination", assure-t-il.

"L'OCDE a sorti une étude qui dit que la Chine subventionne dix fois plus" ses industries que les pays européens, a déclaré mardi Sébastien Martin.