Burnham exhorte le Parlement britannique à envisager un nouvel accord avec l'UE
information fournie par Reuters 12/10/2026 à 19:34

(Actualisé avec discours)

- Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré lundi qu'il tenterait de trouver un accord pour améliorer les relations de Londres avec l'Union européenne (UE) à l'occasion d'un sommet le mois prochain, appelant le Parlement à Londres à le soutenir dans le cadre d'un rapprochement avec Bruxelles.

Dans un discours marquant la fin de la pause parlementaire, le nouvel occupant du 10 Downing Street, qui avait milité en faveur du maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne lors du référendum de 2016 qui a abouti au Brexit, a confirmé que le sommet entre le Royaume-Uni et l'UE, annulé à la suite de la démission de son prédécesseur Keir Starmer cet été, se tiendrait le 20 novembre.

Andy Burnham a dit espérer conclure un accord visant à harmoniser les normes alimentaires, à relier les systèmes respectifs d'échange de quotas d'émissions tout en permettant à davantage de jeunes de vivre, travailler et étudier à l'étranger, arguant que ces mesures permettraient de soutenir la croissance économique.

Cependant, sa vision pour un rapprochement des liens à long terme avec le bloc européen a été accueillie avec scepticisme par une partie des parlementaires.

"Il est dans l'intérêt du Royaume-Uni de conclure un accord allant dans ce sens (...) Je pense que nos chances d'y parvenir seront accrues si nous restons ouverts à la discussion à propos de notre relation avec l'UE sur le long terme", a-t-il déclaré.

"Si nous sommes sérieux à propos de la promotion de la croissance, du contrôle de l'immigration, de la défense de nos valeurs et de notre sécurité, alors c'est une conversation que nous devons avoir", a ajouté le Premier ministre britannique.

"Se contenter du statu quo n'est pas une option acceptable pour la Grande-Bretagne."

"APPROCHE PRAGMATIQUE"

Fin septembre, à l'occasion de la conférence annuelle du Parti travailliste, Andy Burnham avait déjà dit que le Royaume-Uni devait envisager différentes options pour sa relation future avec l'UE, n'excluant pas un retour de Londres au sein du bloc au motif que le Brexit avait "fait plus de mal que de bien".

Rompant avec la position de son prédécesseur Keir Starmer, qu'il a remplacé en juillet, consistant à ne pas rouvrir un débat qui continue de diviser les Britanniques, Andy Burnham est d'avis que son pays doit tirer les leçons des promesses non tenues du Brexit afin de porter un nouveau regard "serein et lucide" sur ses relations avec l'UE.

Pour la conservatrice Kemi Badenoch, cheffe de l'opposition, il est "simpliste" de penser qu'un retour dans l'UE résoudra les problèmes du royaume, tandis qu'Ed Davey, leader des libéraux-démocrates, milite pour que Londres redevienne un membre à part entière de l'Union européenne.

Andy Burnham a répété que la décision reviendrait au peuple britannique.

Ces dernières années, des sondages suggèrent qu'une majorité de Britanniques est favorable à un retour du pays dans l'Union européenne.

"Je suis convaincu que l'opinion publique est actuellement favorable à une approche pragmatique comme celle que je propose", a-t-il déclaré. "C'est le leadership dont nous avons besoin pour mettre un terme à une décennie de dérive et de divisions et faire avancer le pays."

(Elizabeth Piper, Version française Benoit Van Overstraeten et Zhifan Liu)