Budget Education 2027: "On ne fait pas d'économies sur la jeunesse", assure le ministre Edouard Geffray
information fournie par AFP 01/10/2026 à 14:52

Le ministre de l'Education Édouard Geffray à Paris le 1er octobre 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

"La priorité à l'éducation est objectivement préservée": le ministre Édouard Geffray, alors que les lycéens sont dans la rue, défend auprès de l'AFP son budget 2027 pour l'Education nationale en hausse de 1,2 milliard d'euros, malgré les contraintes budgétaires.

QUESTION: Les lycéens se mobilisent depuis plusieurs jours pour réclamer davantage de moyens. En quoi le budget de l'Éducation pour 2027 peut-il répondre à leurs revendications ?

RÉPONSE: Ce budget apporte d'abord une réponse très concrète à la question du manque d'enseignants, grâce à la réforme du concours qui nous a permis d'atteindre un taux de recrutement inédit depuis vingt ans.

Nous investissons également dans la santé mentale, parce que nous constatons des fragilités auxquelles l'École doit être mieux préparée à répondre.

On a un budget qui augmente dans un contexte de fortes contraintes. Le gouvernement ne fait pas d'économies sur la jeunesse. On investit pour leur avenir.

Q: À combien s'élève ce budget ?

Le budget augmente de 1,2 milliard d'euros par à 2026, à un peu plus de 64 milliards d'euros au total.

Dans un contexte où l'État réduit globalement sa dépense publique de 54 milliards d'euros, la priorité à l'éducation est objectivement préservée, c’est une bonne chose.

Q: Certains estiment que cette hausse ne compense pas l'inflation...

L'an dernier, alors que nous perdions environ 160.000 élèves, le budget avait augmenté de 200 millions d'euros. En 2027, avec une baisse démographique de l'ordre de 180.000 élèves, le budget progresse encore de 1,2 milliard d'euros.

Q: Quelles sont les priorités ?

Édouard Geffray, ministre de l'Education, à Paris le 1er octobre 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

La première priorité est la protection des jeunes, cela passe par un renforcement de la vie scolaire et de l'accompagnement médico-social.

Nous poursuivons ainsi la trajectoire engagée l'année dernière avec 300 recrutements supplémentaires de psychologues de l'Éducation nationale, d'infirmières scolaires et d'assistants sociaux. Au total, cela représente plus de 600 postes créés en deux ans.

Nous allons également créer 1.300 postes d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH), et 200 postes de conseillers principaux d'éducation. Nous consolidons plus de 200 postes d'assistants d'éducation (AED, souvent appelés surveillants, ndlr) qui avaient déjà pu être maintenus cette année.

Face à la baisse démographique, nous faisons le choix de ne pas réduire les effectifs enseignants au même rythme que le nombre d'élèves. Autrement dit, on met à profit la démographie pour baisser le nombre d'élèves par classe.

Dans le premier degré (écoles maternelle et élémentaire), le nombre moyen d'élèves par enseignant passera de 20,9 à 20,6 à la rentrée prochaine, sous la moyenne de l'OCDE (20,7) et plus près de celle de l'Union européenne (19,3).

Q: À combien de suppressions de postes faut-il s'attendre ?

En tout, 1.588 postes vont être supprimés l'an prochain, dont 1.250 dans le public, contre 4.000 l'an dernier. Je souhaite que cette baisse soit essentiellement portée par le premier degré, qui est le plus touché par la baisse démographique.

Parallèlement, on continue à créer des emplois et d'accueillir des enseignants au titre de la réforme du concours mise en place cette année.

Notre schéma d'emploi est donc positif avec 3.257 postes en plus prévus l'année prochaine.

Q: De récents rapports recommandent de réinvestir les gains liés à la baisse démographique dans une hausse des rémunérations des enseignants. Est-ce prévu dans le budget ?

Nous travaillons à permettre l'accélération du passage d'échelon pour les enseignants en milieu de carrière qui connaissent aujourd'hui un "plateau".

Nous avons l'intention d’assurer dans le cadre du budget une première étape de revalorisation à partir du milieu de carrière, qui rentrera en vigueur pour les professeurs qui ont entre 10 et 20 ans d'ancienneté, à partir du 1er septembre prochain.

Cette mesure représente un coût d'environ 23 millions d'euros dès 2027, puis de l'ordre de 100 millions d'euros en année pleine.

Q: Après les résultats préoccupants de l'enquête Pisa, vous avez affirmé que le collège devait être le "grand chantier" du prochain quinquennat. Comment cela se traduira-t-il en 2027 ?

Le choix de ne pas diminuer les effectifs d'enseignants va nous permettre d'augmenter les marges d'autonomie des collèges.

Ces heures supplémentaires pourront être mobilisées en priorité dans les quelque 800 collèges identifiés comme les plus en difficulté.

Cela pourrait permettre, par exemple, à certaines classes de 6e de bénéficier d'une heure et demie supplémentaire consacrée au français ou aux mathématiques.