Budget 2027 : le déficit public ne baissera qu'à la marge, faute de croissance, préviennent des économistes
information fournie par Boursorama avec Media Services 14/10/2026 à 14:03

Les économies prévues doivent réduire le déficit de 0,8%, mais la hausse de la charge de la dette devrait l'augmenter de 0,3%, et le recul des recettes fiscales de 0,3% encore.

( AFP / - )

Le déficit public ne baissera que de manière très limitée (0,1%), malgré un effort budgétaire marqué en 2027, faute de croissance et à cause des taux d'intérêt, selon les prévisions des économistes de l'OFCE publiées mercredi 14 octobre.

L'Observatoire français des conjonctures économiques, qui dépend de Sciences Po, a présenté ses chiffres au lendemain de l'ouverture des débats à l'Assemblée, où le ministre de l'Économie Roland Lescure a défendu "43 milliards (d'euros) de mesures nouvelles" pour ramener le déficit à 5 % du PIB .

Malgré ces mesures, "le déficit ne va quasiment pas baisser", a résumé Eric Heyer de l'OFCE, à 5,4 % du PIB en 2027 contre autour de 5,5 % cette année , selon le chiffrage de l'institut.

Comment expliquer ce paradoxe ? Sur le papier, les économies et les hausses d'impôts prévues réduiraient le déficit de 0,8 point de PIB, avant paiement des intérêts et hors effet de la conjoncture.

Mais deux facteurs en effaceraient l'essentiel : la hausse des intérêts à payer sur la dette, qui augmenterait de 0,3 point le déficit, et la faiblesse de la croissance prévue, qui grèverait les recettes fiscales et augmenterait elle aussi de 0,3 point le déficit. Arrondis compris, cela ne laisse plus qu'une baisse de 0,1 point du déficit rapporté au PIB.

Prévision de croissance "optimiste"

L'OFCE ne prévoit en effet que 0,5 % de croissance en 2027, deux fois moins que le gouvernement. Le Haut Conseil des finances publiques, placé auprès de la Cour des comptes, avait déjà jugé "optimiste" l'hypothèse de 1 % de croissance du gouvernement .

D'autant que le budget pèserait lui-même sur l'activité : ses nouvelles mesures retireraient 0,9 point de PIB, partiellement compensées pour 0,5 point de PIB par la progression des dépenses déjà programmées (défense, santé, retraite) et d'autres effets liés aux impôts. S'il était adopté tel quel, le projet de budget retirerait donc 0,4 point de croissance en 2027.

L'effort de 12,3 milliards d'euros demandé à l'État et à ses agences serait le plus pénalisant pour l'activité (-0,3 point), devant celui de 7,9 milliards réclamé aux collectivités locales (-0,1 point). Le gel partiel des pensions de retraite coûterait 0,1 point de PIB, autant que les économies souhaitées sur la prime d'activité, les APL et la formation professionnelle.

Côté conjoncture, l'OFCE prévoit une hausse du chômage à 8,8% fin 2027 , contre 8,0% fin 2025, et une inflation de 2,2% cette année puis 1,9% l'an prochain. Seul le commerce extérieur soutiendrait vraiment la croissance.