Bompard (LFI) assure que Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle" lors de sa garde à vue
information fournie par AFP 03/04/2026 à 09:58

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, à Paris le 18 février 2026 ( AFP / Charlotte SIEMON )

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a assuré vendredi que l'eurodéputée Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle" durant sa garde à vue jeudi, dénonçant des "informations mensongères" utilisées pour la "salir".

Rima Hassan avait été placée en garde à vue pour des accusations d'"apologie du terrorisme" puis ressortie libre en fin de soirée.

Le parquet avait affirmé avoir retrouvé dans ses effets personnels des "matières s'apparentant d'une part à du CBD", une substance légale tirée du cannabis, "et d'autre part à de la 3MMC", une drogue de synthèse.

"C'est absolument faux", a affirmé Manuel Bompard sur Sud Radio.

"Le fait qu'il y ait des fuites policières sur la base d'informations mensongères, qui sont ensuite utilisées dans les médias pour salir une personne sans qu'elle puisse répondre, est une violation du secret de l'enquête, une violation de la présomption d'innocence", a-t-il ajouté.

Manuel Bompard a estimé que l'eurodéputée franco-palestinienne "fait l'objet d'une persécution judiciaire".

Il a demandé à Gérald Darmanin, ministre de la Justice, et Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, des "enquêtes administratives" sur les fuites d'informations durant la garde à vue de Rima Hassan.

Il a aussi dit vouloir saisir le régulateur de l'audiovisuel, l'Arcom, afin que les médias ayant relayé ces "fausses informations" soient sanctionnés.

Le responsable insoumis s'exprimait avant l'annonce que l'eurodéputée est de nouveau convoquée ce vendredi au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente de celle pour laquelle elle avait été placée en garde à vue jeudi, selon une source proche du dossier à l'AFP.

Rima Hassan avait elle affirmé que seule la présence de CBD avait été constatée, ce qui est "parfaitement légal". Elle a prévu de tenir une conférence de presse avec son avocat vendredi après-midi.

Le parquet avait prévenu que sa possession de drogues supposée ferait l'objet d'une "procédure distincte".

Rima Hassan était convoquée jeudi pour une publication le 26 mars 2026 sur son compte X, qui faisait référence à Kōzō Okamoto.

Ce dernier est le seul survivant parmi les trois auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) à l'aéroport israélien de Lod-Tel Aviv, qui avait fait 26 morts, dont un Canadien, huit Israéliens et 17 citoyens américains de Porto Rico.

Le tweet de Rima Hassan reprenait des propos qui lui sont attribués: "Kozo Okamoto: J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir".

Elle sera jugée dans ce dossier le 7 juillet.

Rima Hassan est mise en cause dans six autres procédures, que le parquet ne souhaite pas commenter car elles sont "toujours en cours".