Boitier permettant de prendre le contrôle d'un ferry : Laurent Nunez évoque la piste de l'ingérence étrangère information fournie par Boursorama avec Media Services 17/12/2025 à 11:36
"En ce moment, les ingérences étrangères elles proviennent très souvent du même pays...", a suggéré le ministre de l'Intérieur.
Un Letton a été mis en examen après la découverte, sur un ferry dans l'Hérault, d'un système informatique, susceptible de permettre d'en prendre le contrôle à distance, alors que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a évoqué mercredi 17 décembre la piste d'une ingérence étrangère.
"C'est une affaire très grave (...) des individus ont essayé de s'introduire dans un système de traitement de données d'un navire ", a affirmé Laurent Nunez sur franceinfo .
"Les enquêteurs vont manifestement sur la piste de l'ingérence. Voilà, une ingérence étrangère. En ce moment, les ingérences étrangères elles proviennent très souvent du même pays... ", a-t-il ajouté, sans vouloir en révéler plus.
Selon un renseignement transmis par les autorités italienne s, le système informatique du navire aurait pu être infecté par un dispositif malveillant de type "RAT" (remote access tool).
Deux membres de l'équipage, un Letton et un Bulgare, identifiés par les autorités italiennes, ont été interpellés et placés en garde à vue la semaine dernière. L'enquête a été confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), notamment spécialisée dans le contre-espionnage.
Le navire, baptisé Fantastic, appartient à la compagnie italienne GNV et peut embarquer un peu plus de 2.000 passagers pour des croisières en Méditerranée. Dans un premier temps immobilisé et placé sous scellé, le Fantastic a fait l'objet d'investigations menées en urgence par la DGSI , qui ont permis de saisir un certain nombre d'éléments.
Perquisitions en urgence en Lettonie
Le navire a ensuite pu reprendre la mer après l'accord des autorités maritimes, une fois les constatations techniques réalisées et tout danger écarté pour les personnes à bord. Des perquisitions ont également été menées en urgence en Lettonie avec le soutien d'Eurojust et des autorités lettones.
"Une information judiciaire a été ouverte des chefs d' atteinte à un système de traitement automatisé de données en bande organisée dans le but de servir les intérêts d'une puissance étrangère , participation à une association de malfaiteurs, détention sans motif d'équipement ou programme conçu pour une atteinte à un système de traitement automatisé de données en bande organisée dans le but de servir les intérêts d'une puissance étrangère", a indiqué le parquet de Paris.
À l'issue des gardes à vue, le suspect letton a été mis en examen de ces chefs à Paris et placé en détention provisoire.
"L'instruction éclairera plusieurs éléments encore troubles de ce dossier. Elle permettra notamment de démontrer que ce dossier n'est pas aussi inquiétant qu'il a pu l'être de prime abord", a déclaré à l' AFP son avocat Me Thibault Bailly. "La thèse de l'ingérence russe évoquée dans la presse me paraît superfétatoire", a-t-il ajouté. Le Bulgare a, lui, été remis en liberté sans qu'aucune charge ne soit retenue à son encontre.