Blocus des lycées : la mobilisation se poursuit et s'amplifie, 40 interpellations
information fournie par AFP 29/09/2026 à 14:39

Des élèves bloquent le lycée Antoine de Saint-Exupéry à Lyon, le 29 septembre 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Les forces de l'ordre ont procédé mardi à 40 interpellations lors des manifestations et blocages aux abords des lycées pour réclamer davantage de moyens dans l'éducation, un mouvement soutenu par La France insoumise et qui s'étend également à l'enseignement supérieur.

Selon le ministère de l'Education nationale, 338 établissements ont été touchés par des actions ou des perturbations depuis le début de la journée. À la mi-journée, 316 établissements restaient concernés, dont 40 bloqués et 44 faisant l'objet de tentatives de blocages.

"Ces actions ont donné lieu à 40 interpellations", indique le ministère en faisant état de "10 blessés signalés, élèves et personnels".

Né la semaine dernière en Île-de-France autour des questions de moyens, de remplacement des enseignants et d'emplois du temps ou encore de conditions insalubres, le mouvement a gagné de nombreuses villes lundi.

L'Union syndicale lycéenne (USL), principale organisation représentative des lycéens, a appelé tous les établissements à se mobiliser mardi afin de faire converger la mobilisation des élèves avec celle des agents de la fonction publique.

"C'est important et parfaitement légitime que la jeunesse se mobilise collectivement pour son avenir", a estimé auprès de l'AFP Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, tout en assurant que "toutes les violences contre les personnes ou les biens sont totalement inacceptables".

"J'appelle le gouvernement à entendre la colère des lycéens et à cesser d'envoyer des policiers face aux jeunes", a de son côté affirmé sur RMC Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT.

"Tolérance zéro"

La mobilisation des lycéens est en effet émaillée de tensions. A Saint-Denis, devant le lycée Paul-Éluard, où plusieurs centaines d'élèves étaient rassemblés, une "interpellation pour des faits qui ne se sont pas produits aujourd'hui (...) alors que tout se passait bien" a mis le feu aux poudres, a rapporté à l'AFP le député LFI Eric Coquerel, disant tenir cette information du commissaire de quartier.

Un mouvement de foule s'est aussitôt déclaré. Des forces de l'ordre sur place munies de boucliers ont donné des coups à plusieurs reprises sur des lycéens, ainsi que sur une journaliste de l'AFP.

De jeunes élèves manifestent à Bordeaux, le 29 septembre 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

En Île-de-France, 75 établissements sont perturbés, dont 20 touchés par des affrontements, violences ou dégradations, selon la Région, qui estime le coût des dégâts à 200.000 euros.

A Rennes, devant le lycée Brequigny, plus grand établissement d'enseignement secondaire de Bretagne, le climat était également électrique.

A Belfort, la situation était "tendue" devant les lycées Condorcet et Follereau, avec notamment des jets de projectiles en direction des forces de l'ordre, selon le procureur de la ville, Paul-Édouard Lallois.

"Le mot d'ordre est d'interpeller les auteurs dès qu'on constate des infractions. C'est tolérance zéro", a ajouté le magistrat.

A Lyon et dans son agglomération, plusieurs établissements étaient perturbés. En fin de matinée, la préfecture du Rhône faisait état de sept interpellations. De nombreux tirs de mortiers d'artifice et jets de projectiles ont été recensés à l'encontre des forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène.

Selon la préfecture, 19 établissements étaient concernés par le mouvement, dont trois bloqués et fermés: un lycée, l'université Lyon-II à Bron et l'Institut d'études politiques de Lyon.

LFI, "pompiers pyromanes"

Le mouvement a en effet gagné l'enseignement supérieur, qui réclame également davantage de moyens dans les universités, selon l'Union étudiante. Outre les établissements lyonnais, les universités de Clermont-Ferrand et de Poitiers, Toulouse 2 et Toulouse 3 et Pont de Bois à Villeneuve-d'Ascq étaient bloquées mardi matin. Des tentatives ont également eu lieu à Paris et à Nice.

Le gouvernement a dénoncé lundi des "violences urbaines", avec 164 interpellations et 180 établissements concernés, le Premier ministre Sébastien Lecornu déplorant la "surenchère irresponsable" d'élus de LFI qui "appellent à étendre le mouvement".

"LFI, c'est les pompiers pyromanes", a également dénoncé mardi matin sur RMC Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Île-de-France, en déplorant une "instrumentalisation politique".

"Ce Premier ministre croit que c'est nous qui créons les problèmes", a déclaré mardi le candidat à la présidentielle Insoumis Jean-Luc Mélenchon. "Nous sommes fiers d'être aux portes des lycées pour défendre nos gamins. Parents, militants Insoumis, mobilisez-vous pour vous interposer face à la sauvagerie policière".

Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a, de son côté, défendu sur France Inter le soutien de son parti à ces blocages.

"La violence à un moment donné elle peut être légitime", avait également estimé le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko sur BFM mardi matin. "Mais chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux", a-t-il ajouté.

Le député LFI Paul Vannier s'est de son côté rendu mardi matin devant le lycée Julie-Victoire-Daubié d'Argenteuil pour apporter son soutien aux lycéens, selon une vidéo transmise par son entourage dans lequel on le voit appeler à "faire attention au piège de la violence". "En face, ils ont choisi la matraque et la répression violente", a-t-il dénoncé.