Bernard Cazeneuve affiche sa "détermination totale" pour 2027 information fournie par AFP 23/04/2026 à 19:20
Son projet est prêt, son mouvement structuré, une association de financement pour la campagne électorale a été lancée: l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve avance à pas feutrés, "déterminé" - lui aussi - à jouer un rôle dans la présidentielle de 2027.
Alors que les potentiels candidats se bousculent à gauche, "j'ai compris qu'il fallait être prêt", a affirmé jeudi Bernard Cazeneuve devant quelques journalistes. "Je n'ai aucune raison de ne pas me préparer moi-même. Avec ceux qui nous ont rejoints, nous avons, en effet, des choses à dire".
Celui qui a créé en 2022 son mouvement, La Convention, après avoir quitté le PS pour marquer son opposition à l'alliance de gauche avec La France insoumise, a rassemblé ses troupes samedi, dans une salle de l'Assemblée, et fait un pas de plus vers une potentielle candidature.
Il rejoint la liste déjà longue des candidats sociaux-démocrates affichés ou potentiels, comme le leader de Place publique Raphaël Glucksmann, l'ancien président François Hollande, le premier secrétaire du PS Olivier Faure, le chef des députés socialistes Boris Vallaud ou le député Jérôme Guedj.
Bernard Cazeneuve se targue d'avoir réuni dans son mouvement des personnalités allant du Parti socialiste au MoDem, en passant par d'ex-macronistes, des membres du Parti radical de Gauche et de plusieurs micro-partis divers gauche ainsi que des députés du groupe indépendant Liot.
"J'ai essayé de faire un rassemblement qui soit représentatif de ce qu'est le pôle social-démocrate", défend-il. "Qui d'autres est parvenu à agréger autant de parlementaires de sensibilités différentes autour de lui?".
Emmanuel Macron? Pas sur la même ligne, répond M. Cazeneuve. "Je ne suis pas de gauche et de droite en même temps. J'ai les deux pieds dans la gauche républicaine", assure-t-il.
La Convention affiche désormais 15.000 membres, dont des maires et des élus, et une trentaine de parlementaires, dont une vingtaine sont dans l'organigramme du mouvement, qui vient d'être structuré, avec un comité politique et un porte-parolat.
Tous travaillent depuis des mois à la rédaction d'un projet, avec l'aide de 150 experts et personnalités, et de nombreux déplacements sur le terrain.
- "pour le pays " -
"Le programme est totalement prêt", et sera présenté dans les prochaines semaines, assure l'ancien Premier ministre, qui affirme disposer également d'une association de financement, nécessaire pour toute campagne électorale.
Mais "on ne bâtit pas un projet pour qu'on le mette au musée des Arts décoratifs", prévient-il. "Nous sommes prêts sur le fond et nous allons désormais décliner la direction, les chantiers", promet-il.
Il dit surtout vouloir agir pour "éviter le Rassemblement National. Ma détermination elle est pour le pays, pas pour moi". Seule une "ligne claire" peut "permettre à un candidat de centre gauche de faire un rassemblement qui aille au-delà de son camp, prônant notamment face au RN, une "autorité de l'Etat, respectueuse des principes de l'État de droit" et la nécessaire "réconciliation entre l'efficacité économique et la justice sociale".
L'ex-Premier ministre déplore que ses nombreuses offres pour tenter de rassembler le camp social-démocrate, dans l'optique de la présidentielle, n'aient pas trouvé d'écho.
En novembre dernier il avait réuni à Pontoise (Val d'Oise) Raphaël Glucksmann et François Hollande. Une belle affiche, mais qui n'a pas été suivie d'effets concrets. "J’ai tout fait pour qu’une solution collective émerge. Ils ne l’ont pas souhaité. Les calculs et les arrières pensées étaient partout. C'est ainsi", soupire-t-il.
Depuis, Raphaël Glucksmann s'est rapproché du chef des députés socialistes Boris Vallaud et de l'ancien candidat écologiste Yannick Jadot. Tous les trois, hostiles à la primaire de la gauche défendue par Olivier Faure et la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, proposent une "plateforme commune" face au RN.
Bernard Cazeneuve n'y a pas été convié, tout comme François Hollande. "Si on veut rassembler, il faut parler avec tout le monde et pas excommunier", regrette-t-il.
Comment au final pourront se départager tous ces candidats? "Je pense que Darwin (et sa théorie de la sélection naturelle, NDLR) va faire son travail dans les semaines qui viennent", sourit-il.