BCE: Schnabel quittera ses fonctions pour rejoindre le FMI, coup d'envoi d'un remaniement plus large
information fournie par Reuters 24/09/2026 à 17:42

Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne

Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale ‌européenne (BCE), quittera ses fonctions le 3 janvier 2027 pour rejoindre le Fonds monétaire international (FMI), a annoncé jeudi l'institut de ​Francfort dans un communiqué.

Son départ marque le début d'une vaste réorganisation des postes clés au sein des instances dirigeantes de la banque centrale de la zone euro.

L'économiste allemande, dont le mandat de huit ans à la BCE devait ​s'achever fin 2027, occupera les postes de conseillère financière et de directrice du département des marchés monétaires et des capitaux du FMI, un poste vacant ​depuis le départ de Tobias Adrian le 31 août dernier.

"Le ⁠Conseil des gouverneurs a décidé qu'aucune période de transition n'était nécessaire", a déclaré la BCE dans un ‌communiqué, ajoutant qu'Isabel Schnabel ne participerait à aucune question liée au FMI pendant le reste de son mandat à la BCE.

Le départ de Schnabel laisse présager un casse-tête au cours des ​prochains mois à la tête de l'institution, ‌puisque le chef économiste, Philip Lane, quittera ses fonctions en mai 2027 et ⁠que le mandat de la présidente, Christine Lagarde — elle-même l'objet de rumeurs concernant une démission anticipée - prendra fin en octobre de la même année.

Le remplacement d'Isabel Schnabel devrait s'inscrire dans le cadre d'un accord politique plus large, plutôt que ⁠d'une simple nomination, étant ‌donné que l'Allemagne, l'Espagne, les Pays-Bas et la France se disputent des postes influents au ⁠sein de l'institut monétaire.

Si, techniquement, n'importe quel pays peut briguer le siège de l'économiste, l'Allemagne, la France et l'Italie, ‌les trois premières économies de la zone euro, disposent de facto d'un siège permanent au sein ⁠du directoire.

Si le gouvernement allemand se contentait de remplacer Isabel Schnabel, cela signifierait que ⁠Berlin ne briguerait pas la ‌présidence de la BCE une fois que le poste de Christine Lagarde serait vacant.

Tout accord concernant le remplaçant d'Isabel ​Schnabel impliquerait donc les deux autres postes, déclarent à Reuters ‌des sources au fait du dossier.

L'Espagne plaide en faveur de la nomination de Pablo Hernández de Cos, directeur général de la Banque des ​règlements internationaux (BRI), au poste de président.

Les Pays-Bas soutiennent pour leur part Klaas Knot, ancien gouverneur de leur banque centrale. Cette éventuelle nomination obligerait probablement son compatriote Frank Elderson, membre de l'actuel directoire, à démissionner, conformément à ⁠la coutume, et libérerait un quatrième siège au sein de l'instance.

Deux tiers du directoire de la BCE seraient donc remplacés en peu de temps.

De son côté, la France, qui déjà fourni deux présidents à la BCE, Christine Lagarde et Jean-Claude Trichet, soutiendra Klaas Knot à la tête de l'institution, à condition que l'influent poste d'économiste en chef soit attribué à un candidat français, ont déclaré à Reuters ce mois-ci des sources proches du dossier.

(Reportage Balazs Koranyi et ​Francesco Canepa , version française Diana Mandiá)