BCE-Les risques sur l'inflation sont orientés à la hausse-Lagarde information fournie par Reuters 19/03/2026 à 17:44
La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu jeudi ses taux directeurs à leur niveau actuel et a averti que la guerre en Iran assombrissait les perspectives en terme de croissance et d'inflation dans la zone euro.
Voici les principales déclarations de Christine Lagarde, présidente de la BCE, lors de la conférence de presse qui a suivi la décision de politique monétaire de l'institution.
SUR LES PERSPECTIVES DE CROISSANCE
"Les risques pesant sur les perspectives de croissance sont orientés à la baisse, en particulier à court terme."
SUR LES RISQUES POUR L'INFLATION
"Les risques pesant sur les perspectives d'inflation sont orientés à la hausse, en particulier à court terme.
"Une guerre prolongée au Moyen-Orient pourrait entraîner une hausse des prix de l'énergie plus importante et plus durable que prévu actuellement, ce qui ferait encore augmenter l'inflation dans la zone euro. Ce phénomène pourrait être renforcé et devenir plus persistant si les anticipations d'inflation et la croissance des salaires venaient à augmenter en réaction."
SUR LA STRATÉGIE SUR L'INFLATION
"Nous partons d'une bonne position et sommes bien placés pour démontrer notre capacité à mettre en œuvre notre stratégie et à faire preuve de souplesse, afin de prendre les mesures qui s'imposent (...)"
"Nous sommes déterminés à faire en sorte que l'inflation se stabilise à 2% à moyen terme. Tel est notre engagement".
SUR LE CHANGEMENT DE NARRATIF
"Je ne dis pas que nous sommes en bonne posture. Nous sommes bien placés (...) Je pense que nous sommes à la fois bien placés et bien équipés pour faire face à l'évolution d'un choc majeur qui se profile".
SUR LES DISCUSSIONS AU SEIN DU CONSEIL DES GOUVERNEURS
"Je qualifierais l'ambiance générale du groupe de calme, de déterminée et d'extrêmement concentrée".
"Il n'y avait pas de divergence d'opinions. La décision de ne pas modifier les taux a été prise à l'unanimité.
SUR LES PRIORITÉS DE LA BCE
"Nous serons particulièrement attentifs à l'évolution de tous les marchés des matières premières. Nous serons particulièrement attentifs aux goulets d'étranglement au niveau de l'offre. Nous serons particulièrement attentifs aux anticipations de prix de vente des entreprises (...) Nous serons particulièrement attentifs à tous les indicateurs de la demande, qu'il s'agisse des PMI, de la confiance des consommateurs, etc. Nous serons particulièrement attentifs aux indicateurs de l'évolution des salaires".
SUR L'ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE
"L'environnement extérieur reste difficile, notamment en raison de la volatilité des politiques liées au commerce dans le monde".
"La guerre au Moyen-Orient perturbe les marchés des matières premières et pèse sur les revenus réels et la confiance. Cela a conduit à une révision à la baisse de la consommation et de l'investissement dans les projections de base des services de la BCE, en particulier pour 2026".
"L'impact serait encore plus marqué dans les scénarios alternatifs, avec un choc énergétique plus grave et prolongé".
RÉACTIONS CIBLÉES AUX PRIX DE L'ÉNERGIE
"Toute réponse budgétaire au choc des prix de l'énergie devrait être temporaire, ciblée et adaptée".
COMMENTAIRES SUR LES SCÉNARIOS LIÉS À LA CRISE ÉNERGÉTIQUE
"Dans le (premier) scénario, le prix du pétrole et du gaz augmente considérablement, dépassant celui du scénario de référence, mais il revient pratiquement au niveau de référence du 4 mars à la fin de notre horizon de projection.
"En revanche, dans le scénario grave, il augmente également, un peu plus que dans le scénario défavorable, mais il ne redescend pas très vite. Il reste donc élevé pendant une période plus longue et se stabilise au niveau de référence du 4 mars au-delà de la fin de notre horizon de projection; c'est l'une des principales différences."
LES SCÉNARIOS NE REFLÈTENT PAS LA POLITIQUE MONÉTAIRE
"Nos travaux sur les scénarios (alternatifs) ne tiennent compte d'aucune mesure de politique monétaire. Les chiffres que vous verrez ne reflètent donc pas la politique monétaire, alors que le scénario de référence inclut ce que les marchés anticipaient à la date de référence. C'est donc une différence importante à prendre en compte avant de tirer des conclusions hâtives".
SUR LES DIFFÉRENCES ENTRE 2022 ET LA SITUATION ACTUELLE
"Un autre point à garder à l'esprit est qu'en 2022, lorsque le choc s'est produit, l'inflation s'élevait déjà à 6%. C'est une différence majeure par rapport à la situation actuelle. Notre dernier chiffre s'établissait à 1,9% et l'inflation était conforme à l'objectif à moyen terme. C'est donc une différence majeure".
UN MARCHÉ DU TRAVAIL MOINS DYNAMIQUE QU'EN 2022
"Nous avons un marché du travail solide, mais pas aussi dynamique qu'en 2022, où nous avions des pénuries de main-d'œuvre et une position différente"
SUR LE CHOC ACTUEL
"(Il) (...) dépendra de la durée, de l'intensité et de la propagation. Et par propagation, j'entends les effets indirects et les effets de second tour.
"Nous devons faire preuve de la plus grande perspicacité et trouver le meilleur moyen d'anticiper où ces effets indirects et ces effets de second tour vont se manifester, le cas échéant.
"Il y a effectivement un peu de propagation".
(Reportage bureau de Reuters; version française Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)