BCE : les principaux candidats à la présidence pour succéder à Christine Lagarde
information fournie par Reuters 29/10/2026 à 14:07

Maintenant que ma présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a annoncé jeudi qu'elle quitterait ses fonctions le 7 février, mettant fin à des mois de spéculations, sa démission marque le coup d'envoi du processus de nomination de son successeur.

Voici les principaux candidats en vue pour la présidence de la BCE :

KLAAS KNOT

Économiste monétaire de formation, Klaas Knot, âgé de 59 ans, a exercé deux mandats complets à la tête de la banque centrale néerlandaise de 2011 à 2025 et a depuis lors consacré la majeure partie de son temps à des fonctions de conseil ou à sa campagne pour la présidence de la BCE.

Ses 14 années au sein du conseil des gouverneurs de la BCE, chargé de fixer les taux d'intérêt, peuvent être caractérisées par deux périodes distinctes. D'abord, une hostilité croissante envers les mesures de relance de l'ex-président de la BCE, Mario Draghi. Puis, une parfaite harmonie avec Christine Lagarde, qui a succédé à Mario Draghi en 2019.

Considéré comme un partisan pragmatique d'une politique monétaire restrictive, Klaas Knot avait initialement émis des réserves quant à l'engagement de Mario Draghi, pris en pleine crise de la dette de la zone euro, de faire "tout ce qu'il faudra" pour préserver la monnaie unique.

Mais il a fini par se rallier à cette position et qualifier cet épisode de moment charnière.

Le Néerlandais est toutefois entré en conflit ouvert avec Mario Draghi au cours des années suivantes, lorsque la BCE a lancé un vaste programme de relance visant à stimuler l'inflation au cours d'une décennie où celle-ci était restée en deçà de l'objectif de 2%.

Ces critiques, d'abord formulées en privé, sont devenues publiques fin 2019 lorsque Mario Draghi a fait adopter un nouveau programme de relance, malgré l'opposition d'un tiers des membres du Conseil, ce qui a constitué une fracture sans précédent au sein d'un organe collégial qui statue habituellement à l'unanimité.

Sous la direction de Christine Lagarde, Klaas Knot est revenu dans le giron de la BCE, même s'il a été l'un des premiers à plaider en faveur d'un resserrement de la politique monétaire en réponse à la flambée historique de l'inflation de 2022.

À partir de 2021, Klaas Knot a également occupé le poste de président du conseil de stabilité financière (FSB), un organisme mondial chargé de surveiller les tensions financières et de formuler des recommandations politiques.

PABLO HERNANDEZ DE COS

Considéré comme un partisan modéré de la politique monétaire accommodante, Pablo Hernandez de Cos, âgé de 55 ans, dirige depuis 2025 la Banque des règlements internationaux (BRI), l'organisation mondiale qui chapeaute les banques centrales.

Il a également été gouverneur de la Banque d'Espagne de 2018 à 2024, une période tumultueuse qui a débuté par une inflation extrêmement faible, suivie de la pandémie et d'un cycle historique de hausses des taux d'intérêt visant à maîtriser une inflation galopante.

Pablo Hernandez de Cos a également occupé le poste d'économiste en chef de la Banque d'Espagne, effectuant une transition rare du statut de membre du personnel à celui de décideur politique, ce qui témoigne de sa capacité à avoir rehaussé le profil de la recherche au sein de l'institution.

Ses collègues le décrivent comme un économiste pragmatique, voire un "électeur indécis", qui s'appuie toujours sur une multitude de preuves et de données pour étayer ses arguments, évite les dogmes et est réputé pour son esprit d'équipe.

En début d'année, lorsque certains des plus grands responsables des banques centrales du monde ont ouvertement soutenu Jerome Powell, alors président de la Réserve fédérale américaine (Fed), face aux pressions politiques exercées par le président Donald Trump, Pablo Hernandez de Cos aurait joué un rôle clé de coordinateur dans ce processus.

L'Espagnol s'est également fait connaître à l'échelle internationale lorsqu'il a occupé la présidence du comité de Bâle sur le contrôle bancaire, la plus importante instance mondiale dédiée à la surveillance et à l'harmonisation des règles bancaires.

JOACHIM NAGEL

À la tête depuis 2022 de la banque fédérale allemande, la Bundesbank, Joachim Nagel, âgé de 60 ans, a profondément modifié les relations entre l'Allemagne et la BCE.

Alors que son prédécesseur, Jens Weidmann, était en conflit ouvert avec la BCE de Mario Draghi depuis des années, Joachim Nagel a modéré le ton et s'est réaligné sur la ligne de la BCE, même s'il reste un faucon modéré.

Selon ses collègues, Joachim Nagel, également titulaire d'un doctorat en économie, exprime clairement ses lignes rouges mais sait faire des compromis sur d'autres questions.

Il n'est pas connu pour s'être opposé à une décision politique majeure au cours de son mandat, ce qui marque un changement radical par rapport à l'hostilité de ses prédécesseurs.

Le candidat allemand a également soutenu la création du système européen d'assurance des dépôts, un projet auquel Berlin s'est longtemps opposé, craignant que le contribuable allemand ne doive payer pour l'irresponsabilité financière d'autrui.

Joachim Nagel a farouchement défendu l'indépendance de la BCE, atout en repoussant les critiques politiques à l'encontre de l'institution et en faisant récemment valoir que certaines propositions du parti d'extrême droite allemand AfD étaient contre-productives et risquaient de faire fuir les investisseurs.

Membre du Parti social-démocrate allemand (SPD), Joachim Nagel a précédemment occupé des postes à responsabilité à la BRI et au sein du groupe KfW.

Parmi les trois candidats en vogue, Joachim Nagel est considéré comme le moins susceptible de remporter la présidence de la BCE.

(Rédigé par Balazs Koranyi ; version française Coralie Lamarque, édité par Benoit Van Overstraeten)