BCE-Les freins à la croissance pourraient limiter l'ampleur des hausses de taux - Lane
information fournie par Reuters 05/10/2026 à 12:25

La flambée des prix de l'énergie, l'augmentation des rendements de la dette souveraine et la réduction du soutien budgétaire pourraient freiner la croissance économique et limiter ainsi l'ampleur du resserrement monétaire que la Banque centrale européenne (BCE) devra mettre en oeuvre pour contenir l'inflation, a déclaré lundi Philip Lane, chef économiste de l'institut monétaire.

La BCE a relevé ses taux d'intérêt à deux reprises cette année, en juin et septembre, alors que l'inflation a grimpé en flèche depuis le début de la guerre au Moyen-Orient pour atteindre en septembre près du double de son objectif de 2%.

Les responsables de Francfort débattent désormais de l'ampleur des mesures supplémentaires qu'ils devront adopter, compte tenu des coûts toujours élevés de l'énergie et d'une croissance qui se montre étonnamment résistante dans la zone euro.

Selon Philip Lane, la récente hausse fulgurante des cours de l'énergie représente un risque évident d'accélération de l'inflation, mais d'autres facteurs s'avèrent avoir un effet modérateur; par conséquent, l'approche de la banque centrale consistant à apporter une réponse "mesurée" à la forte inflation reste appropriée.

Parmi ces facteurs, il cite les coûts élevés de l'énergie, la réduction du soutien budgétaire et la récente augmentation des coûts de financement sur les marchés qui, pris dans leur ensemble, refroidiraient l'économie en freinant la demande.

"Alors que la croissance tient bon cette année, l'impulsion budgétaire devrait passer d'un solde positif en 2026 à un solde négatif en 2027 et 2028, et les hausses récentes et notables des taux d'intérêt à long terme ralentiront la croissance et réduiront la répercussion de l'inflation sur les prix plus que prévu," a-t-il déclaré lors d'une conférence à Francfort.

La forte augmentation des investissements liés à l'intelligence artificielle (IA) a eu un effet positif sur l'économie, mais les entreprises technologiques ont tellement emprunté que cela a accentué la pression à la hausse sur les taux d'intérêt, a également expliqué Philip Lane.

"Toutes choses égales par ailleurs, ces canaux de 'destruction de la demande' peuvent limiter l'ajustement nécessaire de l'orientation monétaire pour garantir le retour en temps voulu de l'inflation vers l'objectif", a-t-il déclaré.

Les marchés financiers tablent sur deux à trois nouvelles hausses des taux de la BCE au cours des douze prochains mois. Ces prévisions sont toutefois très volatiles, quatre relèvements ayant été entièrement intégrés il y a moins d'une semaine avant un réajustement brutal des paris.

(Reportage Balazs Koranyi ; version française Diana Mandia)