BCE-Lagarde salue l'accord USA-Iran, appelle à la prudence face aux effets de "second tour" information fournie par Reuters 15/06/2026 à 10:26
La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a déclaré lundi que l'accord-cadre annoncé entre les Etats-Unis et l'Iran était une bonne nouvelle, tout en défendant la décision de relever les taux d'intérêt prise la semaine dernière, invoquant notamment les effets de second tour, en particulier le risque d'une hausse des salaires.
"Si cette nouvelle est confortée par les développements des jours qui viennent et la signature d'un 'memorandum of understanding' (...) C'est une bonne nouvelle. On ne peut que s'en réjouir", a-t-elle réagi lors d'une entretien accordé à France Culture.
Des responsables américains et iraniens ont déclaré dimanche s'être accordés sur un cadre visant à mettre fin à leur conflit et à rouvrir le détroit d'Ormuz, une voie navigable essentielle pour l'approvisionnement en pétrole et dont le blocage est à l'origine de la flambée de l'inflation depuis le début de la guerre fin février.
Christine Lagarde a toutefois souligné les points qui restent à débattre entre Washington et Téhéran et qui seront déterminants pour la réussite de l'accord, en mentionnant notamment la question de l'enrichissement de l'uranium par l'Iran, qui est restée en suspens dans l'attente de nouvelles négociations.
La présidente de la BCE s'est également montrée prudente quant aux conséquences immédiates de cet accord sur l'inflation dans la zone euro, et a défendu la mesure prise la semaine dernière par la banque centrale qui, pour la première fois depuis près de trois ans, a relevé ses taux d'intérêt afin de freiner l'inflation provoquée par la flambée des cours de l'énergie depuis le début du conflit.
"Moi, je dois tuer l'inflation si elle se réveille, parce que si elle sort de la bouteille, pour la faire rentrer, ça sera beaucoup plus difficile, ça sera beaucoup plus coûteux", a-t-elle déclaré, ajoutant que la bloc commençait "à sentir frémir les effets de second tour, c'est-à-dire des risques d'augmentation des salaires en particulier".
L'inflation dans la zone euro s'est accélérée à 3,2% en mai, sous l'effet d'une hausse des coûts de l'énergie et des services, restant ainsi bien au-dessus de la cible de 2% de la BCE.
Joachim Nagel, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a pour sa part déclaré lundi qu'il ne fallait pas s'attendre à un soulagement immédiat de la flambée de l'inflation liée à l'énergie, même si le détroit d'Ormuz venait à rouvrir prochainement.
"Aucun soulagement n'est en vue dans un avenir prévisible", a-t-il déclaré. "Au contraire : même si le détroit d'Ormuz devait redevenir navigable prochainement, il faudra des mois pour que l'approvisionnement en pétrole revienne à la normale".
(Reportage Hugo Lhomedet et Francesco Canepa, version française Diana Mandia, édité par Benoit Van Overstraeten)