BCE/Crédit privé: La zone euro pourrait connaître des poches de tension, mais sans risque systémique information fournie par Reuters 26/05/2026 à 14:21
La zone euro n'est pas confrontée à un risque systémique lié aux récentes turbulences sur les marchés du crédit privé, mais certains segments du système financier y sont exposés et il est possible que certaines tensions se manifestent déjà, a souligné la Banque centrale européenne (BCE) dans un rapport publié mardi.
Les récents signes de tensions sous-jacentes sur les marchés du crédit privé, notamment aux États-Unis, suscitent des inquiétudes quant à la stabilité financière générale, compte tenu des liens, souvent opaques, qui existent entre ce secteur et les banques et gestionnaires d'actifs traditionnels.
"Les institutions financières de la zone euro semblent avoir une exposition directe limitée au crédit privé", peut-on lire dans un chapitre du rapport de la BCE sur la stabilité financière.
"Il est donc peu probable que le crédit privé, pris isolément, puisse constituer une source d'instabilité financière systémique à l'heure actuelle", ajoute le rapport.
La BCE met toutefois en garde contre le fait que certains segments pourraient être exposés à des tensions indirectes et que le manque de clarté réglementaire concernant le volume et la concentration de ces expositions pourrait également affecter la confiance des acteurs du marché.
"Les compagnies d'assurance et les fonds de pension, en particulier, pourraient, dans un scénario défavorable, subir des pertes de réévaluation de second tour plus importantes en raison de répercussions plus larges sur les prêts à effet de levier, les obligations à haut rendement et les actions", souligne la BCE.
Bien que l'exposition globale de la zone euro soit faible, elle est concentrée entre les mains de quelques grands acteurs, et l'exposition des compagnies d'assurance est estimée à 211 milliards d'euros, tandis que celle des fonds de pension s'élève à 52 milliards d'euros, précise la BCE.
Les turbulences du crédit privé ont été déclenchées par plusieurs défauts de paiement très médiatisés, qui ont suscité des doutes chez les investisseurs quant aux critères d'octroi des crédits et à l'opacité du marché, qui est soumis à une surveillance moins stricte que le secteur bancaire traditionnel.
Cela a alimenté une augmentation des demandes de rachat de la part des investisseurs, créant une importante sortie de capitaux qui a contraint certains fonds à plafonner les sorties.
La BCE note également que certaines entreprises de la zone euro dépendantes du crédit privé affichent des perspectives commerciales moroses, car ce type de financement est généralement accordé à des entreprises de taille moyenne dépourvues de notation de crédit et présentant une solvabilité moindre.
"La capacité des entreprises de la zone euro financées par le crédit privé à honorer leurs paiements d'intérêts à partir de leurs flux de trésorerie d'exploitation s'est détériorée ces dernières années", souligne le rapport.
(Reportage Balazs Koranyi, version française Diana Mandia, édité par Benoit Van Overstraeten)