Battes de baseball, barres à mine et fusils : les chambres de commerce appellent les commerçants à ne pas assurer eux-mêmes leur sécurité face aux casseurs
information fournie par Boursorama avec Media Services 23/10/2026 à 11:54

Certains commerçants ont "envie d'en découdre après les dégâts et les pillages du week-end dernier", selon CCI France.

( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

"Ce n'est pas aux commerçants de faire ça". Le président du réseau des chambres de commerce et d'industrie en France (CCI France) a appelé vendredi 23 octobre les commerçants à "laisser faire la police" lors des manifestations prévues samedi, malgré les craintes de nouvelles violences.

Alain Di Crescenzo a précisé vendredi sur Europe 1 qu'au dernier décompte finalisé jeudi soir, CCI France avait visité 2.241 commerces "vandalisés" samedi dernier, sans exclure que d'autres aient pu être saccagés "à la marge", pour des dégâts toujours estimés à "des centaines de millions d'euros".

"Pas du tout rassuré" à l'approche des manifestations de samedi, Alain Di Crescenzo, qui "s'attend à voir des casseurs", a lancé un appel au calme.

Alors que certains commerçants lui ont fait part de leur "envie d'en découdre après les dégâts et les pillages du week-end dernier, il a invité ceux dont les locaux se situent à proximité des parcours des manifestations à "tirer le rideau samedi" et surtout à "laisser faire la police".

Craintes d'"actes complètement fous"

"On n'est pas là pour le maintien de l'ordre public", a insisté le président de CCI France qui craint "des actes complètement fous qui viseraient à faire soi-même sa sécurité".

"Sur le terrain j'ai vu des battes de baseball, des barres à mine et puis des fusils de chasse et je pense pas que ce soit que des balles en caoutchouc", a-t-il observé. Au vu des remontées des cellules psychologiques déployées dans les CCI, les commerçants "sont trop fatigués, trop énervés" pour être en condition d'utiliser des armes, a-t-il ajouté.

"Ce n'est pas aux commerçants de faire ça" , a plaidé Alain Di Crescenzo. "Je regrette qu'on soit obligés de faire appel aux sociétés de sécurité privée mais tant qu'on a les moyens, on sera en soutien", a-t-il ajouté en précisant que CCI France avait financé "jusqu'à 200 vigiles le week-end dernier", en accord avec les préfectures.

À Paris, où un seul cortège a été autorisé samedi entre Bastille et Nation, le préfet de police de Paris a demandé aux commerçants de recourir "s'ils le peuvent à la sécurité privée".