Bardella accuse Mélenchon de "promouvoir le remplacement" du "peuple historique" Français
information fournie par AFP 04/11/2026 à 10:00

Le président du RN Jordan Bardella à Orléans le 25 octobre 2026 ( AFP / Alain JOCARD )

Le président du Rassemblement national Jordan Bardella accuse, dans son nouveau livre "Gouverner" paru mercredi, Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens d'être "des promoteurs du déracinement et du remplacement" du "peuple historique" français par "un autre peuple" issu de l'immigration.

Promis à Matignon en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle, Jordan Bardella consacre un chapitre de son ouvrage (publié chez Fayard) au candidat Insoumis à l'Élysée et à son concept de "Nouvelle France".

M. Bardella estime d'abord que "le dirigeant de LFI mise sur les grandes métropoles et les banlieues islamisées pour consolider son implantation" et lui reproche de "s'arroger le rôle d'ayatollah d'un électorat musulman qu'il juge +stigmatisé+ et +pointé du doigt+" pour "chercher à susciter la division et le ressentiment".

Mais "la France connaît trop bien le poids de la guerre civile pour accepter le discours de ses promoteurs", ajoute-t-il.

Puis il ironise sur un Jean-Luc Mélenchon "confortablement installé, depuis son grand boulevard parisien, en attendant d'être lui-même remplacé" et qui "regarde les basculements démographiques de l'autre côté du périphérique, y voyant une ultime opportunité électorale et un nouveau peuple politique à construire".

Une "différence" d'approche fondamentale selon M. Bardella. "Je ne veux remplacer aucun peuple par un autre, je veux redonner confiance au peuple français", écrit-il, considérant que "la France abrite un peuple historique, qui donne parfois le sentiment de ne plus savoir d'où il vient, et que l'on somme de vivre côte à côte avec un autre peuple qui ne sait rien de l'endroit où il met les pieds".

Le résultat, poursuit-il, de "l'immigration de masse qui transforme la France (et) conduit à deux formes de déracinement": d'une part celle du "travailleur français modeste (...) qui finit par éprouver un sentiment d'exil sans avoir jamais quitté son pays" ; de l'autre celle du "migrant qui abandonne sa terre (...) pour devenir un étranger à des milliers de kilomètres de l'endroit où il est né".

"La gauche et les Insoumis ont fait de ce second déracinement un progrès, tandis qu'ils vouent le premier aux gémonies. Mais une majorité de Français n'est plus dupe, ils résistent face aux promoteurs du déracinement et du remplacement", conclut-il, dans une rhétorique qui semble flirter avec la théorie complotiste du "grand remplacement", ardemment soutenue notamment par son rival d'extrême droite Éric Zemmour - et sans fondement scientifique - , selon laquelle il y aurait une volonté en Europe de remplacer une population prétendument blanche et chrétienne par une autre immigrée et musulmane.