Baisse des prix du sucre et surproduction font plonger Tereos dans le rouge information fournie par Boursorama avec AFP 28/05/2026 à 12:20
Le groupe sucrier français Tereos, numéro deux mondial, a annoncé jeudi des ventes en baisse de 13,5% et une perte nette de 590 millions d'euros pour son exercice décalé 2025-26, pâtissant de la baisse des prix mondiaux du sucre.
Tereos a souligné que cette perte nette était principalement due à une dépréciation d'actifs de 499 millions dans un contexte d'"instabilité des marchés mondiaux" et de "baisse des prix du sucre et des produits amylacés" - contenant de l'amidon - qui a conduit à réévaluer la valeur future des activités, comme le groupe coopératif l'avait déjà annoncé fin 2025.
Mais même sans cet élément, Tereos, connu pour ses marques Béghin Say et La Perruche, reste dans le rouge alors qu'il avait enchaîné les bonnes performances ces dernières années grâce à l'explosion des prix du sucre, portés par des tensions sur l'offre.
Ces résultats reflètent une tendance générale parmi les sucriers : comme ceux récemment annoncés du numéro un mondial, l'allemand Südzucker, ou du français Cristal Union, ils sont très directement liés aux cours du sucre (-33% en un an), à la hausse des coûts de production et à la situation de surproduction mondiale, notamment en Europe, en dépit de récentes baisses des surfaces cultivées de betteraves sucrières.
- "Bas de cycle" -
"Le secteur traverse un bas de cycle" mais "Tereos garde le cap et renforce sa compétitivité", continuant à investir dans la décarbonation de ses sites et limitant ses coûts en cédant des activités non essentielles, a déclaré son directeur général Olivier Leducq lors d'une conférence de presse à Paris.
L'excédent mondial de sucre - avec une production globale estimée à 182 millions de tonnes - est notamment venu d'une forte augmentation de la production de sucre en Asie avec une hausse cumulée de 6,7 millions de tonnes en Inde, Thaïlande, Chine et Pakistan. Parallèlement, les rendements élevés en Europe compensent les effets des baisses de surfaces cultivées, qui y ont atteint "leur plus bas niveau en 40 ans", selon le groupe.
Les ventes reculent dans chacune des divisions du groupe, avec un chiffre d'affaires global de 5,1 milliards d'euros (-13,5%) pour l'exercice clos fin mars.
Le secteur du sucre et des renouvelables (alcool, éthanol) en Europe affiche un repli des ventes en repli (-13%), directement lié aux prix du sucre et un effet de change défavorable, "partiellement compensé par une hausse des volumes" après une récolte de betteraves au rendement exceptionnel.
A l'international, le chiffre d'affaires fléchit d'environ 25%, une baisse attendue qui s'explique par une réduction "du volume de canne à sucre traité".
Le secteur de l'amidon et produits sucrants pâtit quant à lui d'une baisse des prix sur le marché européen "qui demeure en situation de surcapacité de production".
L'Ebitda, qui mesure la rentabilité financière, se voit pratiquement divisé par deux à 416 millions d'euros, mais "résiste mieux que lors du précédent bas de cycle" en 2018-19, selon le groupe, tandis que la dette est presque stabilisée à 2,25 milliards d'euros en mars 2026 (contre 2,22 milliards un an auparavant).
- "Marchés d'avenir" -
Pour renforcer sa compétitivité, Tereos poursuit sa "politique de cession d'actifs non stratégiques": comme celle, en mars 2026, de son usine brésilienne d'Andrale et la cession d'une participation minoritaire (40%) dans la société Sucrières des Mascareignes en Tanzanie et au Kenya.
Le groupe, qui emploie 14.300 collaborateurs dans le monde et compte 38 sites industriels, se veut "confiant" et continue d'investir pour développer des "marchés d'avenir".
Tereos s'est ainsi engagé fin 2025 dans un projet de recherche en chimie verte pour développer (avec Avantium et LVMH-GAIA) le PEF (polyéthylène furanoate), "un matériau 100% renouvelable et recyclable" à usage industriel, alternative végétale aux emballages d'origine fossile, et prévoit de s'engager dans une coentreprise pour contribuer, en tant que leader français de la production d'éthanol, au "développement d'une filière française de carburants d'aviation durables".
Le groupe reste prudent quant aux perspectives pour l'année à venir, tablant plutôt sur un redressement des prix du sucre fin 2026 et en 2027, mais souligne l'incertitude qui prévaut actuellement, entre menaces américaines récurrentes de droits de douanes supplémentaires et instabilité au Moyen-Orient.