Baccalauréat: le ministre serre la vis sur l'orthographe et la fraude, un "âge plancher" envisagé
information fournie par AFP 19/05/2026 à 15:16

Le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray à Paris le 6 mai 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

Durcissement des consignes sur l'orthographe, lutte renforcée contre la fraude, "âge plancher" pour pouvoir se présenter à l'examen: le ministre de l’Éducation nationale a déroulé mardi ses ambitions pour le baccalauréat.

"Avoir le baccalauréat doit attester d'un certain niveau de maîtrise de la langue", a estimé Edouard Geffray lors d'une conférence de presse à Arcueil (Val-de-Marne).

"Toute copie qui n'a pas un niveau suffisant en termes d'orthographe, de syntaxe et de grammaire, ne peut pas avoir la moyenne du baccalauréat", a-t-il insisté, en écho à ses propos du début du mois: "Les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent pas avoir le bac. Ce serait leur mentir sur leur niveau", avait-il dit au Figaro.

Si Edouard Geffray refuse de parler de "laxisme" de la part des jurys, il a concédé qu'il y avait eu "des consignes variables sur la maîtrise de la langue" ces dernières années.

Pour la session 2026, "il y aura des consignes données au niveau national", avec des commissions d'entente nationales et académiques et des commissions d'harmonisation qui s'appliqueront "dans toutes les disciplines", sans donner plus de précisions.

"On ne raisonne pas en termes de points mécaniques. C'est la qualité globale de la copie globale", qui compte, a-t-il ajouté.

Pour le bac professionnel, le "niveau d'exigence rédactionnelle plus important" n'est attendu que pour la session 2027, a précisé la ministre déléguée chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels, Sabrina Roubache.

Le baccalauréat général et technologique commencera le 15 juin avec la philosophie. Les épreuves anticipées en français et mathématiques en première se dérouleront les 11 et 12 juin. Les épreuves du baccalauréat professionnel commencent mercredi.

S'il devait y avoir une baisse mécanique du taux de réussite au bac, qui avait atteint 91,8% l'an dernier, "elle ne serait que le reflet de la vérité des niveaux", a souligné le ministre.

Edouard Geffray a par ailleurs rappelé qu'aucun repêchage ne serait désormais possible en dessous de 8/20.

"Se préoccuper de cette question au bac, à un mois de l'épreuve, c'est de la poudre aux yeux", a dénoncé auprès de l'AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, majoritaire dans le second degré.

- Age "plancher" -

"La véritable exigence qu'on doit aux élèves, c'est de leur donner les moyens de progresser en orthographe avant le bac. Mais cela demande des moyens et c'est sans doute plus difficile à obtenir qu'un effet de com'", a-t-elle ajouté.

Pour le syndicat d'enseignants Snalc, "l'accumulation de nouvelles missions", "le nombre d'élèves par classe" ou encore "les modes pédagogiques ayant massacré l'enseignement structuré et progressif de la grammaire dans les années 1990 et 2000, ont bien davantage à voir avec la situation actuelle que la façon de corriger le bac".

Outre ce durcissement sur l'orthographe, le locataire de la rue de Grenelle a annoncé un renforcement de la lutte contre la fraude, en hausse de 30% l'an dernier, avec 1.208 cas suspectés sur 1,2 million de candidats, terminales et premières confondues.

Des détecteurs de smartphones et de montres connectées seront installés aléatoirement dans des centres d'examen et il est désormais possible d'annuler une épreuve, un groupe d'épreuves ou l'intégralité de la session d'examen pour un élève reconnu coupable de fraude.

Cette année, 727.327 candidats s'apprêtent à passer leur baccalauréat et 529.876 les épreuves anticipées de français et mathématiques en première.

Le plus jeune candidat a "un peu moins de 10 ans", a précisé Edouard Geffray. Une situation que le ministre juge peu "souhaitable" et qui l'a conduit à annoncer vouloir fixer un âge "plancher" pour se présenter à l'examen. Il a demandé à ses "services d'expertiser la possibilité" de le mettre en place, rappelant qu' "il n'y a pas de règles aujourd'hui qui s'appliquent sur les inscriptions au baccalauréat".

"Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose d'inscrire son enfant au baccalauréat à huit ans, neuf ans ou 10 ans. Je ne suis pas sûr que ça lui rende service", a-t-il dit.

En 2025, la plus jeune candidate à s'être présentée aux épreuves n'avait que huit ans.