Avions, guerre et kérosène : quand le patron de Ryanair allume Donald Trump information fournie par Boursorama avec Media Services 22/04/2026 à 18:30
Le PDG de le compagnie irlandaise a fait un état des lieux de la situation du transport aérien, confronté aux incertitudes de la guerre au Moyen-Orient. Avec un tacle au président américain au passage.
Les avions ne devraient pas souffrir de pénuries de kérosène au mois de mai en Europe mais la situation reste incertaine pour le mois de juin, a déclaré mercredi 22 avril le directeur général de Ryanair à la presse italienne. "Pour l’instant, les compagnies pétrolières disent qu’il n’y aura pas de risques d’approvisionnement pour le mois de mai, mais pour juin nous n’en sommes pas sûrs", a indiqué Michael O'Leary à des journalistes selon le quotidien Il Sole 24 Ore .
"Tant que la guerre au Moyen-Orient se poursuivra et que Trump continuera à la gérer aussi mal, les prix du carburant resteront forcément plus élevés. 10 à 20% de nos approvisionnements en carburant sont en danger" , a encore poursuivi le patron de Ryanair, dans une pique au locataire de la Maison blanche.
L'Europe importe normalement la moitié de son kérosène depuis les pays du Golfe. Mais les avis divergent sur la capacité de l'Asie, et de l'Europe dans une moindre mesure, à protéger ses stocks de carburant pour éviter d'annuler des vols.
"La demande de voyages a été très forte pour nous à Pâques", a précisé le patron de Ryanair dans le Corriere della Sera. "Nous observons un peu de faiblesse des prix en ce moment pour juin, juillet et août (...) Nous pensons que les gens hésitent à réserver".
Le Royaume-Uni en première ligne?
"Si le vol saute parce qu’il n’y a pas de carburant à l’aéroport, c’est clairement une circonstance extraordinaire; le passager n’a donc pas droit à une indemnisation (en plus du remboursement, ndlr)", a précisé Michael O'Leary.
Le pays le plus exposé aux annulations, selon lui, est le Royaume-Uni parce qu’il s’approvisionne en partie au Koweït, paralysé par la fermeture du détroit d'Ormuz. La guerre a déjà coûté 50 millions de dollars supplémentaires à la compagnie pour le seul mois d’avril. Si elle continue et que le prix reste à 150 dollars le baril, le surcoût "pourrait atteindre 600 millions de dollars d’ici un an", calcule Michael O'Leary.
Et "si le pétrole reste à ces niveaux, deux ou trois compagnies aériennes européennes pourraient faire faillite en octobre ou novembre, comme Wizz Air (...) et Air Baltic. C'est une bonne chose pour notre activité, car il y aura moins de concurrents", s'est félicité le patron de Ryanair, selon la même source. L'action Ryanair a souffert en Bourse de ces difficultés d'approvisionnement. Mais contrairement à son concurrent Easyjet, la compagnie irlandaise a évité jusqu'ici de réviser ses prévisions financières, avant la publication des résultats de son année fiscale 2026, prévue le 18 mai.