Au Pakistan et en Irak, des manifestants pro-Iran tentent de prendre d'assaut des batiments diplomatiques américains
information fournie par AFP 01/03/2026 à 11:46

Des manifestants irakiens, dont l’un tient un portrait du guide suprême iranien assassiné, Ali Khamenei, se tiennent près de la Zone verte, où se trouve l’ambassade des États-Unis, à Bagdad, le 1er mars 2026. ( AFP / Ahmad AL-RUBAYE )

Furieux de la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, des manifestants pro-Iran ont tenté dimanche de prendre d'assaut le consulat des États-Unis à Karachi, au Pakistan, faisant neuf morts, ainsi que la zone ultra-sécurisée hébergeant l'ambassade américaine à Bagdad.

L'Iran entame une période de deuil de 40 jours après la mort, dans l'attaque menée conjointement par les Etats-Unis et Israël, du guide suprême qui incarnait depuis des décennies la République islamique.

A Karachi, mégapole d'environ 20 millions d'habitants dans le sud du Pakistan, des heurts entre manifestants et policiers se poursuivaient à 3H00 locales (10H00 GMT) devant le consulat américain, ont constaté des journalistes de l'AFP, après que des centaines de jeunes protestataires ont tenté de prendre d'assaut l'enceinte diplomatique.

"Nous n'avons besoin de rien au Pakistan qui soit lié aux Etats-Unis", a déclaré à l'AFP un manifestant, Sabir Hussain, déplorant que "notre gouvernement et nos forces soutiennent les Etats-Unis".

Echauffourées entre forces de sécurité irakiennes et manifestants irakiens, près de la Zone verte, où se trouve l’ambassade des États-Unis, à Bagdad, le 1er mars 2026. ( AFP / Ahmad AL-RUBAYE )

Neuf personnes ont succombé à des blessures par balle, selon les registres de l'hôpital, et au moins vingt autres ont été blessées, a indiqué un porte-parole des services de secours.

Une foule a escaladé le portail principal et pénétré dans l'allée menant au bâtiment consulaire, brisant plusieurs vitres. La police a tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants, qui se sont dispersés.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient de jeunes gens brisant les vitres du bâtiment principal du consulat, tandis que le drapeau américain flottait au-dessus de l'enceinte, dont le mur est renforcé par des fils barbelés.

"Nous devons rester unis. Aucun pouvoir ne peut nous arrêter", lance un manifestant dans une vidéo.

"Nous mettons le feu au consulat américain à Karachi. Si Dieu le veut, nous vengeons la mort de notre chef", lance un autre manifestant alors qu'il filme d'autres personnes qui tentent d'allumer un feu.

Des milliers de personnes sont également descendues dans les rues de Lahore, dans l'est du pays et à Skardu dans le nord, et une manifestation était attendue dans l'après-midi près de l'enclave diplomatique où se trouve l'ambassade des États-Unis dans la capitale, Islamabad.

- "Cœur lourd" -

En Irak, où un deuil national de trois jours a été décrété, des centaines d'Irakiens, dont beaucoup vêtus de noir, ont tenté de prendre d'assaut l'enceinte diplomatique à Bagdad en dépit d'un important déploiement de forces de sécurité.

Des membres des forces de sécurité irakiennes font face à des manifestants pro-Iran près de la Zone verte, où se trouve l’ambassade des États-Unis, à Bagdad, le 1er mars 2026. ( AFP / Ahmad AL-RUBAYE )

"Le martyre de Sayyed Ali Khamenei nous a blessés", a déclaré à l'AFP Ali, un manifestant portant un masque.

"Nous sommes ici parce que nous voulons le retrait des forces d'occupation américaines d'Irak", a-t-il ajouté, en référence aux troupes de la coalition menée par les États-Unis contre le groupe État islamique, qui ont récemment diminué leur présence et sont désormais principalement stationnées dans le nord du pays.

Les manifestants, rassemblés depuis le début de la matinée, ont lancé des pierres sur les forces de sécurité, qui ont répondu par des gaz lacrymogènes.

"Leurs tentatives ont jusqu'à présent été mises en échec, mais ils continuent d'essayer" de percer le cordon des forces de sécurité, a déclaré à l'AFP une source sécuritaire.

Les médias locaux ont fait état d'autres manifestations dans des provinces du sud de l'Irak.

Dans le Cachemire administrée par l'Inde, des milliers de musulmans chiites ont rejoint des cortèges pour pleurer la mort du guide suprême iranien.

Ils ont convergé vers le cœur de Srinagar, la principale ville de la région. De nombreux manifestants ont lancé des slogans anti-israéliens et anti-américains lors ce rassemblement, pour l'essentiel pacifique.

Manifestation à Karachi de musulmans chiites après la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei tué dans une attaque américano-israélienne, le 28 février 2026 ( AFP / Rizwan TABASSUM )

"Nous avons tous le cœur lourd. Nous pleurons notre bien-aimé guide qui est mort en martyr", dit à l'AFP Syed Towfeeq, 40 ans. "Nous avons tous un message pour (le président américain Donald) Trump... Nous nous opposerons toujours à votre oppression", a-t-il ajouté.

Un autre participant, Ishfaq Wani, 43 ans, exhorte, lui, les pays musulmans à s'unir "derrière un (seul) drapeau".

D'autres rassemblements se sont tenus dans des endroits du territoire indien à forte majorité chiite.