Attentat raciste dans les Yvelines : Kévin T. reconnaît avoir ciblé des personnes musulmanes, africaines ou nord-africaines
information fournie par AFP 29/10/2026 à 12:13

Le procureur national antiterroriste Olivier Christen lors d'une conférence de presse au tribunal judiciaire de Paris, le 29 octobre 2026 ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )

L'auteur de l'attaque des Yvelines a admis avoir "spécifiquement ciblé des personnes de type musulman, africain ou nord-africain", a indiqué jeudi le procureur national antiterroriste Olivier Christen.

Le tireur dit avoir choisi "le lieu de son action car +Trappes est un repère d'islamistes+". L'assaillant, Kévin T., 39 ans, doit être présenté à un juge dans la journée, en vue de sa mise en examen, a poursuivi le chef du Parquet national antiterroriste (Pnat), qui a requis sa détention provisoire.

Un homme est décédé et sept personnes ont été blessées, dont quatre grièvement dans cette attaque vendredi dernier. "Trois d'entre elles sont encore hospitalisées à l'heure où je vous parle et le pronostic vital de l'une d'entre elles demeure engagé", a poursuivi M. Christen, insistant sur la "très grande préparation" de l'attaque.

Le tireur a contesté "en revanche toute intention terroriste, considérant son action comme légitime", a développé le procureur national antiterroriste. Si Kévin T. "réfutait avoir voulu tuer des enfants, indiquant avoir pu se méprendre au regard de la taille de la victime de 11 ans, il déclarait toutefois n'éprouver aucun regret".

Des membres de la police scientifique sur les lieux où un homme a ouvert le feu, tuant une personne et en blessant quatre autres, le 23 octobre 2026 à Trappes, dans les Yvelines ( AFP / Dimitar DILKOFF )

À l'issue de sa garde à vue, levée dans la nuit de mercredi à jeudi, le Pnat a donc ouvert une information judiciaire, qui permet à un juge de se saisir du dossier, notamment pour "des chefs d'assassinats et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec cette circonstance qu'ils ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée".

La perquisition au domicile a permis de découvrir, outre un dispositif de piégeage déjà évoqué, des "armes ou éléments d'armes, soit notamment un chargeur, deux poings américains, une baïonnette en acier et un silencieux", selon M. Christen.

Ont aussi été trouvés plusieurs "livres dont un Coran, une Bible ainsi que +Mein Kampf+" (d'Adolf Hitler), ainsi que des "autocollants rangés dans un tiroir", certains avec "la mention +Vive la France, RN, fiers d'être français+", d'autres avec "la mention +100% français/vive la France+" ou encore "+Soutien aux forces de l'ordre+".

Kévin T. a confié aux enquêteurs avoir lui-même "dessiné les autocollants découverts à son domicile, puis en avoir commandé leur fabrication via Amazon il y a plus d'un an".

Interrogé sur des photographies "découvertes sur le site France Palestine datée du 21 février 2018 ou sur les réunions +Stop Pub+ où il apparaissait", le tireur "se reconnaissait et indiquait qu'il avait, à un certain moment de sa vie, je cite, +infiltré les gauchistes+", a conclu M. Christen.