Attentat des Yvelines: le père de l'homme tué souhaite que l'hommage national permette une "prise de conscience" contre le racisme information fournie par AFP 02/11/2026 à 13:13
Bolema Bossio Wangi, père du jeune homme tué le 23 octobre lors de l'attentat raciste dans les Yvelines, a souhaité lundi que l'hommage national qui sera rendu aux victimes soit "l'occasion d'une véritable prise de conscience et d'un engagement contre le racisme".
"Au président de la République, qui envisage de rendre un hommage national aux victimes de cet attentat raciste, nous souhaitons rappeler qu'un tel hommage ne doit pas être uniquement un moment de recueillement, il doit également être l'occasion d'une véritable prise de conscience et d'un engagement contre le racisme et toutes les formes de haine", a déclaré Ambre Banguid, en lisant une déclaration de son père, trop ému pour s'exprimer.
"Issu de l'immigration africaine, j'ai grandi en France dans les années 80-90, une période où les ratonnades contre les Maghrébins ou les Noirs étaient malheureusement courantes. Et je n'ai pas cru que plusieurs décennies plus tard, mon fils Pengo Bossio Wangi succomberait de la main d'un individu animé de la même haine", a-t-il déploré, via sa fille, lors d'une conférence de presse à Paris.
"Aujourd'hui, dans une France en proie à de fortes tensions identitaires, j'ai peur en tant que père d'enfants noirs", a-t-il dit.
"Mais malgré notre colère et notre douleur, la mère de Pengo et moi faisons le choix de faire confiance en la justice de ce pays", a-t-il ajouté.
"Si la mort de notre fils doit servir à quelque chose, c'est à sensibiliser sur le racisme qui gangrène la société française depuis des décennies, un racisme alimenté par certains médias et partis politiques", a souligné Bolema Bossio Wangi.
"Nous aimons ce pays pour les valeurs qu'il porte et auxquelles nous croyons profondément, telles que la fraternité", a-t-il dit, ajoutant: "La France doit toujours rester fidèle à ses valeurs, quelles que soient les origines" et "la couleur de peau" de ses habitants.
Le 23 octobre, Pengo Bossio Wangi, 26 ans, a été tué par Kévin T., qui a également blessé sept autres personnes, dont plusieurs d'origine africaine ou maghrébine, lors d'un périple sanglant à Trappes et La Verrière.
Kévin T, 39 ans, a été mis en examen jeudi et placé en détention provisoire.
L'avocate du père, Me Zineb Alami, a indiqué que son client et sa famille se constitueraient partie civile.
Elle a regretté qu'aucun membre du gouvernement n'ait contacté le père de Pengo, il en a été "très peiné", a-t-elle affirmé.
Ce drame de Trappes, qui "était préparé" comme l'a dit le Parquet national antiterroriste, est né dans "un climat de haine raciste, qui s'est installé progressivement" et "qui ronge notre pays", a estimé Me Alami.
"Trois jours avant, il y a déjà eu une agression (menée par Kévin T.) sur une personne noire. Donc, il (avait) déjà commencé à passer à l'acte": "si les mêmes signaux avaient fait penser à un terrorisme islamiste, est-ce qu'on aurait procédé de la même manière ?", s'est interrogée Me Alami.
Elle a souhaité que l'instruction mette "la lumière sur ce qui s'est passé, sur l'idéologie qui l'a poussé à commettre cet acte-là", a-t-elle noté, en estimant que la haine est attisée par des discours d'extrême droite, relayée notamment par des "médias qui leur offrent une tribune permanente".
"Les esprits sont contaminés par ces mots-là", a encore noté Me Alami, en demandant qu'"on pose la responsabilité de chacun".