Attentat dans les Yvelines: l'arme a été achetée "clandestinement", selon le procureur antiterroriste information fournie par AFP 03/11/2026 à 10:08
L'auteur de l'attentat terroriste raciste dans les Yvelines le 23 octobre avait acheté "clandestinement" son arme à feu, a indiqué mardi le procureur antiterroriste sur RTL, soulignant que l'enquête devra déterminer comment il a pu l'acquérir.
Kévin T. "n'était pas détenteur légalement d'une arme à feu", a expliqué Olivier Christen. L'arme "a été achetée clandestinement (...). Les investigations vont devoir porter sur la façon dont il a pu acquérir cette arme" de "catégorie A", qui regroupe notamment des armes automatiques tirant en rafales, ainsi que "des éléments d'armes, c'est-à-dire des dispositifs qui permettent de la rendre plus efficace", a-t-il ajouté.
Mediapart a révélé lundi que Kévin T. s'entraînait à tirer au fusil à pompe sur un terrain vague à Saint-Cyr-l'Ecole (Yvelines) depuis des années, diffusant des images tournées à l'été 2015.
Alors qu'on lui demandait si les autorités étaient passées à côté de quelque chose et si l'attentat aurait pu ainsi être évité, M. Christen a répondu: "En l'espèce, je ne crois pas. Je n'ai pas d'éléments qui nous permettent de penser cela".
"Le seul fait que quelqu'un soit adhérent d'un club sportif ou participe à des points de balltrap ne peut pas en soi suffire à identifier potentiellement une cible. Il y a beaucoup de gens qui participent à ces activités-là de façon tout à fait pacifique", a-t-il ajouté.
Le 23 octobre, Kévin T., au volant de sa voiture, a tué un Français de 26 ans d'origine africaine et en a blessé sept autres personnes, dont quatre grièvement, en majorité d'origine africaine et maghrébine, à Trappes et à La Verrière dans les Yvelines.
Le Pnat (parquet national antiterroriste) comptabilise par ailleurs 22 victimes n'ayant pas été atteintes physiquement, mais dont le "véhicule a été touché par des balles" ou qui "ont été visées sans être atteintes, ce qui crée évidemment un trouble psychologique".
Depuis sa mise en place en juillet 2019, le Pnat a ouvert 23 procédures concernant l'"ultradroite radicale violente", a indiqué M. Christen, parlant d'un nombre "en croissance depuis quelques années". "Nous avions une à deux procédures ouvertes en général par an (...). On en a eu 6 en 2025, 6 pour l'instant en 2026", a-t-il détaillé.
Il a fait état de quatre procédures ouvertes en sept ans pour "l'ultragauche radicale violente", et "480 en jihadisme".
"La menace principale qui pèse aujourd'hui reste la menace jihadiste", a souligné M. Christen.
Interrogé sur un risque lié à l'approche de l'élection présidentielle, il a indiqué qu'"il n'y a pas aujourd'hui, dans ce qui est détecté, un ciblage spécifique des élections".
Les terroristes, "quel que soit le segment idéologique", sont des "opportunistes" et vont le plus souvent "passer à l'acte parce que la situation, à un moment donné, leur permet de le faire": "c'est pour ça qu'il faut toujours être vigilant quand il y a des rassemblements, et notamment sportifs".
"Aujourd'hui, il y a un climat, évidemment, de discussion qui crée une tension (...). Cela peut, évidemment, créer une situation générale qui peut amener certaines personnes à se dire que c'est le bon moment pour passer à l'acte", a précisé M. Christen.
"Nous sommes toujours vigilants. C'est notre devoir", a-t-il dit.
"Nous allons être cette année à un nombre de procédures ouvertes en matière terroriste qui va être un des plus élevés sur les 5-6 années qui viennent de passer", a-t-il noté.
"La menace est très présente, elle se diversifie, elle est peut-être plus segmentée qu'elle ne l'a été", a-t-il précisé.