Attaque dans les Yvelines: le suspect et quatre de ses proches entendus par les enquêteurs
information fournie par AFP 24/10/2026 à 15:57

La police intervient sur les lieux de tirs à Trappes, dans les Yvelines, le 23 octobre 2026 ( AFP / Dimitar DILKOFF )

L'homme ayant tué une personne et fait cinq blessés vendredi dans les Yvelines, lors d'une attaque "terroriste raciste" selon Emmanuel Macron, a commencé à être entendu par les enquêteurs, tout comme quatre membres de son entourage familial et amical dont sa mère.

La garde à vue du principal suspect, Kévin T., âgé de 39 ans selon une source proche, a été prolongée samedi "matin après une première audition", a indiqué le parquet national antiterroriste (Pnat) en expliquant que "son état de santé a été jugé compatible" avec cette mesure.

Trois "membres de son entourage familial et amical" ont également été placés en garde à vue vendredi soir et dans la nuit de vendredi à samedi, selon le Pnat, ce qui porte à quatre le nombre de proches interrogés.

Parmi eux, figure la mère du tireur, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

Au cours de son "périple meurtrier" commencé vendredi vers 10H00 à Trappes et qui s'est poursuivi dans la commune voisine de La Verrière, Kévin T. a tiré en rafales dans la rue depuis sa voiture, tuant une personne, un homme noir de nationalité française né en 2000, et en blessant cinq autres.

Le président français Emmanuel Macron (D) marche aux côtés du maire de Trappes, Ali Rabeh, à son arrivée pour une réunion à l'hôtel de ville après une fusillade survenue à Trappes, le 23 octobre 2026 ( POOL / Hannah McKay )

Selon le maire de La Verrière, Nicolas Dainville, une enfant de 12 ans figure parmi les victimes, grièvement touchée par huit impacts de balle.

"Elle est toujours en urgence absolue", a indiqué le Pnat à l'AFP samedi à la mi-journée.

Appartement piégé

Kévin T. a été interpellé à Coignières (Yvelines) vers 10H20 vendredi et placé immédiatement en garde à vue, une mesure qui peut durer 96 heures en matière antiterroriste.

"Une analyse de sang destinée à permettre de déterminer son imprégnation toxicologique est toujours en cours", a précisé le Pnat, en expliquant que le casier judiciaire de Kévin T. fait mention de "quatre anciennes condamnations, réhabilitées de plein droit".

La perquisition a révélé qu'il avait piégé son appartement --situé à Plaisir (Yvelines) selon une source policière-- avec des bouteilles de gaz et des fils électriques connectés à un minuteur. Et dans son véhicule, une Renault Clio, ont été découverts "un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène", selon la même source.

Cette fusillade a provoqué une onde de choc.

En visite à Trappes, le président Macron a parlé vendredi soir d'un "tournant", évoquant "un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne".

Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a dénoncé un "attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe", précisant que "la personne décédée est d'origine africaine" et qu'un des blessés est "d'origine maghrébine". Le maire de La Verrière a lui fait état de deux hommes de ménage, "de type africain", blessés.

Habitants choqués

Le Pnat a ouvert vendredi une enquête pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée". Elle porte aussi sur des "tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste", avec la même circonstance aggravante.

A Trappes et La Verrière, des habitants se disent choqués et effrayés à l'idée d'être ciblés à l'avenir pour leur origine ou leur couleur de peau.

"Ça aurait pu être n'importe qui, il tirait sur des têtes de Noirs, d'Arabes, il sait qu'ici à Trappes il y a une majorité de musulmans", souffle une jeune commerçante d'origine maghrébine, interrogée par l'AFP.

Le comédien Jamel Debbouze s'est dit "profondément bouleversé par l'horreur qui a frappé la ville de (son) enfance".

L'association d'aide aux victimes locale France Victime 78 a été saisie pour leur apporter aide et soutien. Une cellule d'urgence médico-psychologique a par ailleurs été ouverte par la préfecture.

A six mois de la présidentielle, le maire de Trappes Ali Rabeh a estimé que "notre responsabilité à tous, c'est la désescalade, la concorde républicaine".

"Le racisme tue", a dénoncé Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, tandis que Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN) à la présidentielle, a estimé que "la justice se devra d'être implacable", évoquant "le mobile abject du racisme".