Assurance-chômage : l'Etat va ponctionner 2,1 milliards à l'Unédic en 2027 information fournie par Boursorama avec Media Services 06/10/2026 à 17:53
Le ministère du Travail affirme toutefois que ce nouveau prélèvement ne mettra pas les comptes de l'Unédic dans le rouge. L'assurance-chômage ne croit pas à ce maintien à l'équilibre, sonnant au contraire l'alarme face à l'aggravation de son déficit.
"Du fait des prélèvements, l'Etat oblige l'Unédic à emprunter sur les marchés financiers et de nouveaux emprunts devront être réalisés en 2027". Dans une lettre de trois pages envoyée début octobre, l'assurance-chômage a interpellé députés et sénateurs sur les ponctions du gouvernement, qui dépasseront en 2027 les 2 milliards d'euros.
Le gouvernement va ainsi prélever l'an prochain l'excédent que l'Unédic avait prévu de dégager, soit 2,1 milliards d'euros, a indiqué lundi 5 octobre le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, alors que l'organisme paritaire alerte sur un risque d'augmentation de sa dette face à une conjoncture qui se dégrade.
"Le régime (d'assurance chômage) prévoit un excédent de 2,1 milliards d’euros en 2027. Nous prélèverons donc cet excédent, mais l’Unédic sera à l’équilibre l’an prochain" , a déclaré le ministre, dans un entretien paru lundi dans le journal L'Opinion .
A la recherche de diverses sources d'économies pour boucler son budget et malgré les demandes répétées de l'organisme paritaire qui gère l'assurance chômage, le gouvernement choisit de poursuivre les prélèvements sur les recettes de l'Unédic, après en avoir déjà tiré 12 milliards d'euros entre 2023 et 2026.
Ce montant de 2,1 milliards s'appuie sur les prévisions d'excédent 2027 communiquées par l'Unédic en juin. Or depuis, dans une conjoncture économique qui se dégrade, les anticipations d'évolution du PIB de la France ont été revues à la baisse par l'Insee et la Banque de France et par conséquent, l'Unédic va devoir, courant octobre, revoir à la baisse sa prévision d'excédent pour l'année prochaine. Cela "va être environ divisé par deux", a indiqué à l'AFP la présidente de l'Unédic Patricia Ferrand (CFDT).
Donc, "on prend au mot le ministre quand il dit que l'Unédic sera à l'équilibre (...), c'est à lui de nous indiquer comment on va arriver à l'équilibre malgré une baisse de l'excédent" prévu, a également réagi Jean-Eudes Tesson (Medef), le vice-président de l'organisme.
Des ponctions à répétition qui empêchent l'Unédic de se désendetter
Ces nouveaux prélèvements de l'Etat vont intervenir alors que l'Unédic comptait sur les recettes attendues en 2027 pour réduire son lourd endettement, prévu pour atteindre 61,5 milliards d'euros fin 2026.
Sans nouveau prélèvement de la part de l'Etat, l'organisme prévoyait son recul à 59,4 milliards fin 2027 et à 55,4 milliards fin 2028.
Sur l'année 2026, le prélèvement de l'Etat, prévu à 4,1 milliards d'euros, devrait être plus important que l'excédent anticipé, laissant au final des pertes de 2,3 milliards à l'Unédic. "On a alerté sans cesse sur les conséquences de ces ponctions (de l'Etat) qui nous empêchaient de nous désendetter" , a critiqué Patricia Ferrand. "L'enjeu est de pouvoir consolider la pérennité et la soutenabilité financière du régime pour assumer les défis de demain et une éventuelle dégradation encore plus forte de la conjoncture".
"Cette décision unilatérale concourt à entretenir une dette élevée pour le régime et à paralyser son désendettement. Une part croissante des ressources de l’assurance-chômage risque donc d’être absorbée par le financement de sa dette plutôt que consacrée à son rôle de sécurisation", avait par ailleurs mis en garde l'Unedic dans une tribune parue dans Le Monde .
Les recettes de l'Unédic sont principalement constituées des cotisations patronales prélevées sur les salaires à hauteur de 4% du salaire brut. Depuis 2019, la part salariale des cotisations a été supprimée et remplacée par une quote-part de 1,47 point de CSG sur tous les revenus d'activité.