"Assez de professeurs" à la rentrée: la réforme du concours enseignant porte ses fruits, selon Geffray
information fournie par AFP 09/07/2026 à 12:22

Le ministre de l'Education Edouard Geffray à Paris, le 12 juin 2026 ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )

"Nous aurons assez de professeurs" à la rentrée 2026, a assuré jeudi le ministre de l'Éducation, en mettant en avant "l'effet très net" de la réforme du concours enseignant sur l'attractivité du métier, une analyse que les syndicats jugent prématurée.

Avec 24.000 admis contre 16.000 l'an dernier, "on eu 49% de recrutement en plus" pour "40% de places en plus", a salué Édouard Geffray sur RMC.

"Après ça, c'est toujours pareil, garantir que tel ou tel professeur n'est pas absent, et bien remplacé dans les deux heures (...) ce serait mentir que de le dire", a-t-il toutefois nuancé.

Sur les 25.000 postes offerts dans le premier (écoles maternelles et primaires) et le second degré (collèges et lycées), 24.351 ont été pourvus cette année à l'issue des concours enseignants, accessibles cette année à partir de bac+3, a-t-il détaillé par la suite lors d'un point presse.

Ce résultat constitue, selon lui, "une différence extrêmement notable" par rapport 2025, où 16.311 candidats avaient été admis pour 17.800 postes proposés.

Pas de concours "bradé"

La situation s'améliore notamment pour certaines spécialités, qui avaient beaucoup de postes non pourvus, comme en mathématiques, physique-chimie, lettres modernes ou allemand.

M. Geffray, qui s'est félicité que des académies chroniquement déficitaires en enseignants comme Créteil et Mayotte soient cette année intégralement pourvues, s'est cependant défendu de l'idée que le concours ait été "bradé". "La moyenne des notes s'améliore dans la quasi totalité des concours", a-t-il assuré.

La réforme du concours enseignants, mise en place cette année pour contrer la crise du recrutement qui dure depuis plusieurs années, "a un effet très net sur l'attractivité", a-t-il observé.

Le concours a notamment été avancé à la fin de la licence afin notamment d'élargir le vivier de candidats. Jusqu'à l'an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier degré comme dans le second, ne pouvaient passer le concours qu'après un master (bac+5).

Cette année, une double session était organisée: les nouveaux concours à bac+3 ont coexisté avec ceux à bac+5 déjà existants. Ce système transitoire doit durer jusqu'en 2027, avant la disparition définitive du concours à bac+5 en 2028.

La grande majorité des admis le sont au niveau bac+3, selon le ministère. Ils intègreront en septembre un Master enseignement et éducation (M2E), une formation professionnalisante de deux ans, rémunérée.

"Augmentation en trompe-l'oeil"

Pour les syndicats, toutefois, il est trop tôt pour conclure à un regain durable d'attractivité.

"C'est une augmentation en trompe-l'œil", a estimé auprès de l'AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré. Selon elle, "le véritable bilan de la réussite de ce concours et d'une prétendue attractivité retrouvée ne pourra se faire que dans deux ans, quand on sera sorti de la phase transitoire et qu'il n'y aura plus qu'un seul concours".

"L'histoire ne s'arrête pas aux lauréats de concours", insiste-t-elle, évoquant une phase d'affectation des futurs enseignants qu'elle juge déjà "très chaotique".

Le ministre "s'engage un petit peu rapidement", a également jugé Caroline Brisedoux, secrétaire nationale de la CFDT Éducation. "On attend d'avoir le découpage précis, notamment dans le premier degré, entre les élèves fonctionnaires et les fonctionnaires stagiaires, et par département."

Tout comme Mme Vénétitay, elle pointe également l'existence de candidats admis aux deux concours. Selon elle, il existe "notamment en mathématiques, en physique-chimie et en SVT" des situations de doublons qui pourraient affecter le bilan final des recrutements.

Édouard Geffray a minimisé ce phénomène, les doubles admis représentant "moins de 1%" des lauréats, selon lui.

"Il y a bien une dynamique propre au concours de licence 3 qui permet aujourd'hui de dire qu'on pourvoit sensiblement mieux les postes ouverts au concours", a-t-il assuré.

Le ministre s'est par ailleurs réjoui des premiers résultats de la licence de professorat des écoles, créée dans le cadre de la réforme et qui a, selon lui, fait le plein pour sa première année, "avec dix candidats pour une place".

"Ce qui me laisse penser que les prochaines années devraient logiquement se traduire par l'alimentation d'un vivier régulier suffisant", a-t-il avancé.