Arrêts-maladie : le Medef propose des jours de carence qui ne seraient remboursés ni par la Sécu ni par les mutuelles information fournie par Boursorama avec Media Services 22/09/2026 à 11:36
"Il y a un nombre d'arrêts-maladie de courte durée qui augmente d'une manière parfois suspecte", a estimé le patron des patrons.
Il recherche un "effet comportemental". Le président du Medef Patrick Martin a proposé mardi 22 septembre que certains arrêts-maladie courts ne soient plus du tout remboursés -ni par la Sécu, ni par les mutuelles- pour faire des économies et pour décourager ceux qui en abuseraient.
Patrick Martin s'exprimait sur France 2 , alors que le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé vendredi le lancement prochain de discussions avec les partenaires sociaux sur la question des arrêts-maladie.
"Bien sûr qu'il faut faire des économies" dans ce domaine, a-t-il considéré, "parce qu'au delà de l'effet de base, il y a un nombre d'arrêts-maladie de courte durée qui augmente d'une manière parfois suspecte ". Mais, a-t-il prévenu, "si c'est pour faire supporter aux entreprises et aux salariés, à travers les complémentaires santé, ce que l'assurance maladie de base ne prendrait plus en charge, ça ne va pas".
Il a prôné "des arrêts maladie dits d'ordre public, c'est-à-dire (des jours de carence) qui ne soient plus remboursés ni par le régime de base, ni par les complémentaires santé" .
"Là, ça aura un effet comportemental", selon lui.
Pas d'"open bar"
Pour autant, il a souligné que l'expression d'"open bar" des arrêts-maladie, employée par le candidat à la présidentielle Édouard Philippe, était une "punchline" qu'il "n'endossait pas".
Alors que le gouvernement s'apprête à annoncer mardi de nouvelles aides face à la hausse du prix du carburant, Patrick Martin a observé que "les entreprises elles aussi sont sévèrement impactées par cette inflation". Selon lui, elles ne les répercutent pas entièrement sur leurs prix de vente et "on voit leurs marges en train de se contracter".
"Ce qui évidemment limite leurs possibilités, en particulier de primes ou de revalorisation salariale" , a-t-il prévenu.
Pour lui, il "faut garder le principe des aides ciblées, parce qu'on est en train de percuter le mur" du déficit public. Il estime que "l'État est perdant" dans cette affaire, notamment en raison de la baisse de la consommation de carburant.
Même si le télétravail, pour limiter les déplacements des salariés, est "à l'appréciation des entreprises", Patrick Martin a relevé que certains postes sont incompatibles avec le télétravail, et recommandé de "faire attention dans l'entreprise à ce que le collectif ne se fracture pas, au motif que certains pourraient rester chez eux et d'autres pas".