Armées : le Sénat propose 14 milliards d'euros supplémentaires pour que la LPM soit "en cohérence avec les menaces" information fournie par Boursorama avec Media Services 27/05/2026 à 15:59
Le Sénat souhaite que le budget des armées représente en 2030 au moins 2,7% du PIB, contre 2,5% dans le projet adopté ces derniers jours à l'Assemblée nationale.
Aller encore plus loin, en pleines guerres au Moyen-Orient et en Ukraine. Ce mercredi 27 mai, le Sénat a proposé d'accentuer l'effort budgétaire en faveur des armées en votant en commission une enveloppe de 14 milliards d'euros supplémentaires d'ici 2030, en sus des 36 milliards demandés par le gouvernement dans l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM).
"Ce qu'on nous propose aujourd'hui, c'est une programmation qui ne permet que de sécuriser la loi de programmation précédente", a regretté lors d'une conférence de presse le président LR de la commission Défense, Cédric Perrin, qui souhaite "donner beaucoup plus d'ambition" à la LPM et la mettre "en cohérence avec les menaces auxquelles l'exécutif nous prépare". La commission a adopté dans la matinée le projet de loi actualisant les grandes orientations du pays en matière de défense et de moyens pour les armées, qui doit, dans sa version gouvernementale, porter à 436 milliards d'euros les dépenses militaires prévues d'ici à la fin de la décennie.
Le Sénat prône lui un effort supérieur - 450 milliards d'euros - et souhaite que le budget des armées représente en 2030 au moins 2,7% du PIB, contre 2,5% dans le projet adopté ces derniers jours à l'Assemblée nationale. La chambre haute propose ainsi de maintenir chaque année jusqu'à 2030 le montant engagé en 2026 pour la défense, à savoir 6,7 milliards d'euros. "Nous essayons de lisser dans la durée cette progression pour faire en sorte que l'effort soit partagé entre la période 2026-2030 et la période 2030-2035", a affirmé Cédric Perrin, espérant ainsi ne pas faire peser une charge considérable sur les futurs gouvernements après la présidentielle de 2027.
Un vote solennel sur l'ensemble du texte le 9 juin
En matière de matériels militaires, la commission du Sénat souhaite en augmenter le nombre ou en développer de nouveaux dans différents domaines - drones, capacités de frappe dans la profondeur, etc. Elle voudrait par exemple relever le format de la flotte de la Marine avec trois frégates supplémentaires d'ici 2035, portant leur total à 18. Concernant les Rafale, "le format de la chasse n'a quasiment jamais été aussi faible, nous n'avons jamais eu aussi peu d'avions depuis des décennies", a rappelé Cédric Perrin, dont la commission préconise d'acquérir 20 Rafale supplémentaires pour l'armée de l'Air et de l'Espace et 10 Rafale Marine d'ici 2035.
S'agissant des capacités de frappe dans la profondeur, la commission souhaite le développement de missiles balistiques conventionnels d'une portée de 2.500 kilomètres et de missiles balistiques air-sol d'une portée de 1.000 kilomètres. "Nous avons vu au Moyen-Orient, et notamment par l'usage qu'en a fait Israël, que ce missile aérobalistique de 1.000 km était particulièrement efficace. C'est une composante qui nous manque", a-t-il précisé. Quant aux lance-roquettes unitaires (LRU), capables d'envoyer des projectiles à plus de 80 kilomètres, le Sénat veut relever la cible d'achat actuelle (entre 13 et 26) à un minimum de 26, pouvant être porté à 52.
Le débat aura à nouveau lieu dans l'hémicycle à partir de mardi, en présence de la ministre Catherine Vautrin qui pourra donner son avis sur les propositions des sénateurs. Un vote solennel sur l'ensemble du texte est prévu le 9 juin. Ce texte, qui contient aussi d'autres mesures comme la création d'un nouveau régime d'exception en cas de menace "grave et actuelle", ne présente toutefois qu'une trajectoire indicative, car les investissements réels pour les armées doivent être votés chaque année dans le projet de loi de finances.