Argentine: nouvelle baisse de la pauvreté, selon des chiffres contestés information fournie par Boursorama avec AFP 01/04/2026 à 08:20
La pauvreté en Argentine a poursuivi son recul en 2025, touchant environ 28,2% de la population au second semestre selon des chiffres officiels publiés mardi, mais contestés par plusieurs spécialistes.
Si l'indice publié par l'Institut de la statistique (Indec) a reculé de plus de trois points sur six mois, la pauvreté frappait encore près de trois personnes sur dix en fin d'année dernière dans la troisième économie d'Amérique latine.
Le seuil de pauvreté dans ce pays de 47 millions d'habitants s'établit à 452.000 pesos (283 euros) pour un adulte, pour un panier de biens et services de base.
La proportion d'Argentins en extrême pauvreté a elle aussi baissé au second semestre, à 6,3% contre 6,9% six mois plus tôt, selon l'Indec.
"La pauvreté continue de baisser", s'est félicité sur X le gouvernement de Javier Milei.
Au pouvoir depuis fin 2023, le président ultralibéral a enregistré un succès macro-économique majeur en maîtrisant l'inflation, ramenée en deux ans de plus de 150% à 33% en interannuel.
Mais cette réussite s'est faite au prix d'une drastique austérité budgétaire, anémiant consommation et activité. Près de 300.000 emplois formels ont été perdus en deux ans, entre secteurs privé et public, selon des données syndicales et du registre du travail.
Plus de 22.500 entreprises de taille diverse ont fermé en deux ans, contraction sans équivalent depuis 20 ans, selon le groupe de réflexion Fundar.
"Une baisse de l'indice est toujours une bonne nouvelle", a réagi auprès de l'AFP Daniel Schteingart, sociologue spécialiste du développement et de la pauvreté.
Mais il met en garde: le recul de la pauvreté s'est probablement interrompu "au quatrième trimestre et au début de 2026, en raison d'une inflation qui accélère graduellement" et d'un panier de biens de base en hausse.
Par ailleurs, la mesure officielle de la pauvreté est contestée depuis plusieurs années par divers organismes qui soulignent que la méthodologie est faussée, notamment, par l'absence de mise à jour des paniers de référence.
"Il existe un certain consensus parmi les spécialistes pour dire qu'une partie de la baisse de l'indice tient davantage d'un mirage statistique (...) que d'une baisse réelle", explique M. Schteingart.