Argentine: les manifestations contre l'austérité reprennent après la trêve du Mondial information fournie par Boursorama avec AFP 23/07/2026 à 09:04
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mercredi à Buenos Aires pour le pouvoir d'achat et les retraites, notamment, marquant le réveil d'une contestation sociale de l'austérité budgétaire du gouvernement Milei, restée atone pendant le Mondial.
Plusieurs rassemblements à l'initiative de syndicats, de mouvements sociaux et de petits partis de gauche radicale ont émaillé la journée, certains bloquant dans la matinée des accès à la capitale. L'un d'eux a vu des accrochages entre la police et des manifestants sur un pont routier à Avellaneda, au sud de l'agglomération de Buenos Aires.
Dans l'après-midi, la manifestation principale a réuni sans incident quelques milliers de personnes sur la place du parlement, la grande centrale syndicale CGT s'étant jointe à une manifestation de retraités, a constaté l'AFP.
Les griefs portaient, pêle-mêle, sur les fermetures de PME, la fin d'une aide à l'emploi qui évolue vers un système de vouchers, et le fait que la retraite minimum, bien que désormais indexée sur l'inflation, ait baissé de 9% en termes réels depuis fin 2023, pour un montant équivalent à 330 dollars mensuels. Et, plus globalement, sur la perte de pouvoir d'achat d'une majorité d'Argentins.
"La macroéconomie ne nous sert à rien. (...) Nous, les 80% +d'en bas+", maugréait à l'AFP Raul Maldonado, 69 ans, sous une pancarte indiquant "Retraité sans médicaments ni augmentation".
En deux ans et demi, le gouvernement de Javier Milei a ramené l'inflation de près de 200% à 33%, dans le cadre d'une politique d'austérité dont l'opposition, les syndicats et les mouvements sociaux dénoncent le coût terrible en matière de pertes d'emplois (publics et privés) et de consommation, anémiée.
Le président a lui-même concédé qu'un grand nombre d'Argentins ne ressentent pas les bénéfices de la stabilisation macro-économique, mais exhorté à la "patience", car "l'effort en vaut la peine".
Son vice-ministre de l'Economie Jose Luis Daza a qualifié mercredi de "tragédie que des gens n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois", mais il a assuré voir les "pousses vertes" démontrant que "l'équilibre macro-économique est en train de générer les conditions pour que les gens le ressentent".