Arc: Patrick Puy dépose une offre de reprise et promet "zéro licenciement"
information fournie par Boursorama avec AFP 27/01/2026 à 17:07

L'usine Arc France à Arques(Pas-de-Calais). ( AFP / DENIS CHARLET )

L'entrepreneur Patrick Puy a annoncé mardi avoir déposé une offre de reprise du verrier pour les arts de la table Arc, avec un projet axé sur la "relocalisation" de ses activités en France, ce qui permettrait selon lui "zéro licenciement".

Cet ancien président d'Arc (2013-2015) propose d'investir "60 à 70 millions d'euros" dans l'usine française du groupe, située à Arques (Pas-de-Calais), mais sans préciser pour l'heure d'où viendraient ces fonds.

Ces investissements permettraient "de relocaliser en France l'essentiel des activités du groupe et d'y développer de nouvelles activités en lien avec les opportunités du marché", a estimé M. Puy dans un communiqué transmis à l'AFP.

"Mon projet de reprise, c'est zéro licenciement. Je reprends tout le monde", a-t-il affirmé par la suite dans un entretien à l'AFP.

En plus de son site d'Arques, qui compte environ 3.500 salariés, le groupe comprend actuellement trois usines à l'étranger: l'une aux Etats-Unis, une autre en Chine et une troisième aux Emirats arabes unis.

"Les Etats-Unis et la Chine sont loin. Une cession pourrait être possible. En revanche, le Moyen-Orient, plus proche de l'Europe et dynamique, doit être conservé", a considéré M. Puy dans un entretien accordé au Figaro et publié lundi.

Au-delà d'Arc, Patrick Puy, 70 ans, a dirigé par le passé nombre d'entreprises en crise, de Moulinex-Brandt à Vivarte en passant par Go Sport, avec des plans de redressement passant souvent par de nombreux licenciements.

Les candidats à la reprise d'Arc ont jusqu'à mercredi pour déposer leurs offres au tribunal de commerce de Lille Métropole.

Il y aura au moins un autre prétendant: Timothée Durand, 49 ans, qui avait annoncé un projet de reprise dès le placement en redressement judiciaire d'Arc France début janvier.

Dès le départ, le projet de M. Durand a été jugé "sérieux" par le ministre délégué à l'Industrie Sébastien Martin et l'actuelle direction d'Arc, laquelle l'a aussi qualifié de "réaliste".

Ce membre d'une famille d'anciens propriétaires emblématiques d'Arc préconise de "redimensionner" l'usine française, ce qui fait craindre aux syndicats plusieurs centaines de suppressions d'emplois.

Malgré de multiples plans de refinancement soutenus par l'Etat ces dernières années, Arc s'est retrouvé étouffé par la concurrence étrangère, chinoise notamment, et souffre aussi de la crise dans le secteur des arts de la table.

Les candidats repreneurs auront jusqu'au 5 mars pour affiner leurs offres, et une décision du tribunal de commerce devrait intervenir quelques jours après.