Après un été exceptionnel, les Canadair italiens se refont une santé
information fournie par AFP 01/10/2026 à 10:56

Le commandant Francesco Morgante, chef de la flotte de Canadair en Italie, devant un bombardier d’eau à l’aéroport de Rome-Ciampino, le 30 septembre 2026 ( AFP / Andreas SOLARO )

Sur le tarmac inondé de soleil, leur rutilant fuselage jaune et rouge accroche le regard: après un été éreintant de lutte contre les incendies en Europe, les Canadair de la flotte italienne ont regagné leur base principale, au sud-est de Rome, pour une période de maintenance.

Avec 18 Canadair CL-415, l'Italie dispose de la flotte la plus importante au monde pour ce type de modèle, devant l'Espagne, la Grèce et la France. Des appareils déployés sur trois bases permanentes dans la péninsule, dont la principale située à l'aéroport de Ciampino, auxquelles s'ajoutent trois bases temporaires en période estivale.

Mais les interventions de ces bombardiers d'eau, notamment dans le cadre de la mutualisation européenne des moyens aériens de lutte contre les incendies, sont loin de se cantonner au territoire italien.

"Au début de l'été, nous sommes intervenus au Portugal et en Espagne, où nous avons été confrontés à deux situations assez difficiles", retrace le commandant Francesco Morgante, pilote de Canadair pour Avincis, la société qui gère la flotte italienne pour le compte des pompiers.

"Par la suite, notre pays nous a complètement accaparés, notamment en raison de la situation d'urgence que nous avons connue dans le nord de l'Italie, qui cette année a été assez inattendue et inhabituelle", poursuit-il.

Le capitaine Francesco Morgante, commandant de la flotte de Canadair en Italie, monte à bord d’un bombardier d’eau à l’aéroport de Ciampino, à Rome, le 30 septembre 2026 ( AFP / Andreas SOLARO )

Capable d'embarquer, sans se poser, plus de 6.000 litres d'eau en seulement 12 secondes grâce à deux écopes situées sous son fuselage - et de les larguer en 3 secondes - le Canadair est "un outil idéal" et "le plus opérationnel" dans la lutte contre les feux, selon le commandant Morgante.

"C’est un outil polyvalent, flexible, qui peut intervenir sur des incendies de taille moyenne à grande" et qui "permet de contenir un incendie même lorsqu’il est déjà développé", complète-t-il depuis l'étroit cockpit d'un des bombardiers d'eau.

Face aux imposants aéronefs jaune et rouge alignés près de la piste de décollage, un vaste hangar tout juste rénové accueille les appareils en pleine inspection, dont l'un avec ses deux turbopropulseurs ouverts.

Réalisés après le pic d'activité de l'été, ces "contrôles approfondis" menés sur chaque appareil de la flotte "durent plusieurs semaines", explique à l'AFP Maurizio Tomassi, responsable des opérations de maintenance chez Avincis.

"La saison de lutte contre les incendies, (...) commence à la mi-juin ; donc notre objectif est de terminer l’activité de maintenance de base d’ici fin mars", ajoute-t-il. D'ici là, la fermeture de la dernière base temporaire de Calabre, le 31 octobre, marquera la fin officielle de la saison estivale.

"Aucun +break+ météorologique"

Alors que l'Europe occidentale vient d'enregistrer l'été le plus chaud de son histoire, avec quelque 540.000 hectares partis en fumée dans l'Union européenne de la mi-juin à début septembre, la question du parc de Canadair dont disposent les Etats membres est plus brûlante que jamais.

Le commandant Francesco Morgante, chef de la flotte de Canadair en Italie, dans un bombardier d’eau à l’aéroport de Rome-Ciampino, le 30 septembre 2026 ( AFP / Andreas SOLARO )

Au fil des années, il y a eu "une augmentation lente et progressive de la nécessité de recourir à ce moyen" aérien, souligne Francesco Morgante, pour qui "disposer d’un parc suffisant et adapté pour répondre à nos besoins au niveau national et européen" est "essentiel".

Pour le pilote comme pour les personnels techniques ou ceux coordonnant les opérations, l'été écoulé - qui n'a laissé aucun répit aux équipes - restera dans les annales.

"Il n’y a pas eu ce moment où arrive l’orage estival, où la température baisse de 3–4 degrés, où il vous donne une trêve de deux jours, puis éventuellement reprend, si cela doit reprendre. Ce +break+ météorologique n’a pas eu lieu", témoigne le commandant.

"L’été a été exceptionnel", abonde Alessandro Sette, responsable de la salle opérationnelle, où arrivent les demandes d'intervention de la protection civile italienne.

Un bombardier d’eau Canadair CL-415 de la flotte du Corps national des sapeurs-pompiers italiens, stationné sur la piste de l’aéroport de Ciampino, à Rome, le 30 septembre 2026 ( AFP / Andreas SOLARO )

"Le travail commençait tôt le matin, parce que les avions décollaient dès les premières lueurs du jour, ils étaient déjà "tascati" [chargés], comme on le dit dans notre jargon –, et les opérations se terminaient généralement à la tombée du jour, ce qui faisait des journées longues, intenses", se remémore-t-il.

Mais en cette calme matinée de fin septembre, aucun mouvement n'agite l'écran permettant de suivre les trajectoires des aéronefs: "pratiquement tous les avions sont au sol", se félicite M. Sette.