Après les aveux de Cédric Jubillar, nouvelle reconstitution vendredi dans le Tarn information fournie par AFP 30/09/2026 à 13:16
Après les aveux surprise de Cédric Jubillar qui a reconnu début juillet avoir tué sa femme Delphine Aussaguel, la justice va procéder vendredi dans le Tarn à une nouvelle reconstitution de la nuit des faits, mise en situation nécessaire en vue du procès en appel, au printemps.
Ordonnée par la juge d'instruction nommée pour mener à bien le supplément d'information consécutif aux aveux de l'accusé de 39 ans, ce nouvel acte d'enquête vise "à vérifier si ses nouveaux dires sont compatibles avec les éléments du dossier", a déclaré à l'AFP Chantal Ferreira, première présidente de la cour d'appel de Toulouse.
Après cinq ans et demi de dénégations, le peintre-plaquiste a finalement reconnu au début de l'été avoir tué son épouse, neuf mois après avoir été condamné, le 17 octobre 2025 à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Tarn pour un meurtre qu'il niait encore.
Il a avoué à la justice l'avoir étranglée lors d'une dispute survenue dans leur maison de Cagnac-les-Mines (Tarn), la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
Il a par la suite indiqué aux enquêteurs avoir caché le corps en bordure d'un champ à une dizaine de kilomètres de leur domicile et des fouilles ont permis d'y découvrir des ossements, dont l'analyse a confirmé qu'il s'agissait bien de ceux de la disparue, une infirmière de 33 ans.
Des fouilles ont repris mercredi matin dans le même secteur pour tenter de retrouver d'autres ossements.
Vendredi, à partir de 09h30, la reconstitution doit d'abord conduire la juge d'instruction et les enquêteurs au domicile des Jubillar, où le mis en cause devra expliquer et montrer in situ comment il a donné la mort à son épouse.
Il s'agira de tenter de répondre aux questions: "Est-ce qu'il dit vraiment la vérité, quand il dit que la scène s'est passée dans la cuisine, debout ?" et "est-ce que c'est cohérent avec les éléments matériels du dossier ?", a détaillé Mme Ferreira.
Devant la maison inachevée, scène de crime, les broussailles et herbes hautes qui avaient envahi le jardin en contrebas de l'habitation ont été coupées récemment pour faciliter les circulations vendredi, a constaté en début de semaine un journaliste de l'AFP.
Les enquêteurs prendront ensuite la route pour rejoindre le lieu où M. Jubillar a déclaré avoir caché le corps de Delphine Aussaguel, une parcelle de champ située sur la commune de Mailhoc. Il a affirmé qu'il s'était souvenu la nuit du meurtre avoir aperçu "dans le cadre d'un chantier", "des monticules de terreau" à cet endroit, et avoir alors décidé d'y cacher le corps de son épouse.
Pour les besoins de la reconstitution, des tas de terreau ont été déposés sur cette parcelle à proximité des arbres qui bordent l'un de ses côtés, alors que du ruban plastique rouge et blanc, accroché à des barrières, délimite l'endroit, peut-on voir sur place.
La gendarmerie du Tarn a indiqué avoir mobilisé environ 150 agents dont deux escadrons de gendarmes mobiles, pour la "sécurisation" de cette deuxième reconstitution, la première ayant eu lieu le 13 décembre 2022.
Geste spontané ou prémédité ?
Le principal enjeu de cette dernière, maintenant que Cédric Jubillar a admis sa culpabilité, est de tenter déterminer si son geste a été spontané ou préparé, pour éclairer les jurés sur sa peine à l'issue de son procès en appel prévu à Toulouse du 30 avril au 14 mai. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Sollicités, les avocats de M. Jubillar n'ont pu être joints. Du côté des parties civiles, "la famille Aussaguel prend acte de la tenue d'une reconstitution qui paraît en effet nécessaire pour tendre vers la vérité", a déclaré à l'AFP Me Laurent de Caunes, avocat des frères et soeur de Delphine.
"Elle reste vigilante et fait confiance à la Justice" et "compte sur le respect dû à la mémoire de Delphine, a-t-il ajouté.
Interrogé par l'AFP, Me Philippe Pressecq, avocat d'une cousine de la victime, regrette de son côté que la reconstitution se fasse en journée, estimant que "ce qui s'est passé à l'extérieur, il faut que ce soit fait la nuit, c'est une évidence".
"Jubillar et ses avocats croient que le dossier a disparu et qu'il n'y a plus que les aveux", a-t-il dit, jugeant que, même s'ils permettent d'établir sa culpabilité, ils ne correspondent pas aux constatations des enquêteurs.
Pour l'avocat, Cédric Jubillar continue donc à proférer des "mensonges" sur ce qu'il s'est passé la nuit du drame et il doit y être confronté.